Le 24 Heures, de Quebecor, ravit le contrat d'exclusivité dans le métro

La STM accorde à Quebecor Média le droit exclusif de distribuer son journal 24 Heures dans le réseau du métro. Le contrat d’une durée de cinq ans entrera en vigueur le 3 janvier.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La STM accorde à Quebecor Média le droit exclusif de distribuer son journal 24 Heures dans le réseau du métro. Le contrat d’une durée de cinq ans entrera en vigueur le 3 janvier.

Le journal 24 Heures, propriété de Quebecor, a délogé son concurrent Métro en obtenant l'exclusivité de la distribution dans les stations du métro de Montréal pour les cinq prochaines années. Au terme d'un appel d'offres, la Société de transport de Montréal (STM) a jugé la proposition de 24 Heures plus avantageuse que celle du journal Métro. L'entente entrera en vigueur le 3 janvier prochain.

La STM avait reçu deux propositions, l'une provenant du journal Métro, qui détenait une entente d'exclusivité depuis 2001, et l'autre de Quebecor Media. «C'est Quebecor Media qui nous a fait l'offre la plus intéressante en termes de prix, mais aussi en termes de variété de plateformes pour nous permettre de mieux communiquer avec nos clients actuels et nos clients occasionnels», a expliqué hier Odile Paradis, porte-parole de la STM.

La société de transport disposera d'une page dans le 24 Heures pour diffuser de l'information, mais l'accès qu'elle aura aux autres médias de l'empire Quebecor demeure encore à déterminer, a dit Odile Paradis.

Mme Paradis a toutefois refusé de divulguer les détails de l'entente, prétextant la nature concurrentielle des informations. Entre 2003 et 2009, le journal Métro a versé 3,5 millions à la STM sous forme de loyer, indiquent des documents de la STM sur ses revenus publicitaires.

«Nous sommes très heureux de nous associer à la STM et de mettre la puissance de notre réseau médiatique et technologique au profit du mouvement collectif de la STM», a commenté le grand patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, par voie de communiqué. Le journal 24 Heures compte une trentaine de journalistes, pupitreurs et photographes. Ailleurs au Canada, la Corporation Sun Media distribue des journaux gratuits à Ottawa, Toronto, Calgary, Edmonton et Vancouver.

Malgré sa déception, l'éditeur du Métro affichait une certaine sérénité hier. «On aurait aimé renouveler notre contrat avec la STM, mais pas à n'importe prix, a indiqué au Devoir Daniel Barbeau. Pour nous, ce n'est pas dramatique. C'est business as usual. C'est seulement la distribution qui change. On a l'intention de continuer à croître et à faire un produit de qualité pour nos lecteurs.»

Le journal Métro fait partie du groupe Metro International qui publie des journaux gratuits dans une centaine de villes dans le monde. À Montréal, où il compte une soixantaine d'employés, Métro est produit en partenariat avec Transcontinental et Gesca.

Quant au 24 Heures, ses articles sont publiés dans d'autres médias de l'empire Quebecor, dont Le Journal de Montréal qui est en lockout depuis près de deux ans. Le conflit de travail au quotidien n'a pas joué dans la décision prise la STM, a indiqué Odile Paradis: «C'est une décision d'affaires. L'offre de Quebecor était la plus intéressante pour la STM et la clientèle.»
1 commentaire
  • Andre Querry - Abonné 17 décembre 2010 07 h 49

    Inadmissible


    Je ne comprends pas pourquoi la STM accorde l’exclusivité de distribution dans le métro de Montréal au journal le 24H00. Depuis plusieurs semaines ce journal est «dumpé» chaque jour sur la rue Sainte-Catherine devant le métro Beaudry.

    De plus avec ce contrat, la STM prend position dans un conflit de travail qui affecte actuellement le Journal de Montréal.

    Le journal 24H00 sert actuellement a contourner la loi anti-briseurs de grève par le Journal de Montréal et Quebecor. Une commission parlementaire de l’Assemblée nationale du Québec doit se pencher sur le sujet au mois de février 2011. La STM devrait attendre les conclusions de la commission avant de signer un contrat avec Sun Media.