Le quotidien 24 Heures obtient le contrat d'exclusivité de la STM dans le métro

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

La Société de transport de Montréal (STM) donne à Quebecor Média le droit exclusif de distribuer son journal 24 Heures dans le réseau du métro. Le contrat d’une durée de cinq ans entrera en vigueur le 3 janvier. La STM précise que l’entente pourra être prolongée.

Jusqu’à maintenant, c’est le journal Métro, lancé en 2001, qui était distribué dans le réseau de transport en commun souterrain. Son contrat prend officiellement fin le 31 décembre prochain.

Les deux entreprises avaient pris part à l’appel d’offres public lancé le 27 septembre dernier. La STM a indiqué que Sun Media, qui chapeaute le 24 Heures, avait fait la proposition «la plus avantageuse pour la STM et sa clientèle».

D’après sa porte-parole, Odile Paradis, la STM a basé son évaluation des soumissions sur trois critères: le prix, l’accès potentiel à d’autres «plateformes» de communication ainsi que l’engagement du journal envers le recyclage.

La STM ne nie pas avoir été séduite par l’éventail de médias de Quebecor, qui lui permettra de rejoindre une plus vaste clientèle potentielle.

«On pourrait se retrouver avec des messages de nature institutionnelle ou pour encourager les gens à prendre le transport collectif sur les différentes plateformes de la Corporation Sun Media», a fait valoir Mme Paradis.

En plus du 24 Heures, cette entité chapeaute le Journal de Montréal —dont les employés sont en lock-out depuis 23 mois— ainsi que les journaux de la chaîne Sun, au Canada anglais. Sun Media fait partie de l’empire Quebecor, qui comprend le réseau de télévision TVA, le portail Internet canoë et plusieurs magazines.

La STM disposera d’une page de contenu dans chacune des éditions du quotidien, comme c’était le cas dans Métro.

Dans un communiqué, le pdg de Quebecor Media, Pierre Karl Péladeau, s’est dit très heureux que son entreprise ait été choisie par la STM.

«Ce partenariat de distribution avec la STM nous permettra de rejoindre la totalité des usagers du métro, et ce, durant toute la journée. Nous comptons ainsi poursuivre et accélérer la croissance exceptionnelle que connaît le 24 Heures depuis son lancement en 2001», a ajouté l’éditrice du quotidien gratuit, Christianne Benjamin.

Le 24 Heures est déjà disponible à l’entrée de la plupart des stations de métro de même que dans les gares des trains de banlieue.

Le journal Métro fait aussi partie d’un grand groupe de presse, Metro International. Selon le site web de l’entreprise, la chaîne publiait l’an dernier 57 quotidiens dans 19 pays et 15 langues différentes.

Son édition montréalaise est produite en partenariat avec Transcontinental et Gesca. Sur son fil Twitter, le journal Métro vient d’indiquer que «vous continuerez de nous trouver partout avec encore plus de camelots à l'extérieur». 
3 commentaires
  • lephilosophe - Inscrit 16 décembre 2010 18 h 13

    Scandaleux!

    À l'heure où les employés du Journal de Montréal commencent à être soutenus par leur centrale syndicale. À l'heure où l'opposition officielle et bien d'autres intervenants dans la société réclament une révision de la Loi anti-briseurs de grève. À l'heure où Sun Media a du reculé dans sa demande de licence de niveau 2 devant le CRTC pour une chaîne se présentant comme la «Fox News» du Nord, suite à des protestations et une pétition en ligne qui a valu la démission de Toynecke pour des gestes... sous enquête de la GRC. À l'heure où le propriétaire poursuit le directeur de Radio-Canada pour diffamation...
    C'est une décision inadmissible de la part d'une entreprise PUBLIQUE d'accorder ce privilège à cette entreprise Québecor-Sun Media. Sans parler de la qualité plus que douteuse de la rédaction des articles — la comparaison avec le journal Metro ne tient absolument pas la route, même en ce qui concerne la qualité du papier — et d'une ligne éditoriale profondément réactionnaire, disons que la «convergence» des arguments en sa défaveur provoquera, je l'espère bien, des protestations vives de partout. À commencer par les syndiqués à l'emploi de la Société de Transport de Montréal qui. j'espère feront les pressions nécessaires pour le renversement de cette décision, pas simple solidarité syndicale (ne serait-ce que ça).

    Bernard Gadoua

  • Andre Querry - Abonné 16 décembre 2010 23 h 09

    Inadmissible

    Je ne comprends pas pourquoi la STM accorde l’exclusivité de distribution dans le métro de Montréal au journal 24H00. Depuis plusieurs semaines ce journal est «dumpé» chaque jour sur la rue Sainte-Catherine devant le métro Beaudry.

    De plus avec ce contrat, la STM prend position dans un conflit de travail qui affecte actuellement le Journal de Montréal. Le journal 24H00 sert actuellement à contourné la loi anti briseurs de grève par le Journal de Montréal et Quebecor.

  • Frédéric Jeanbart - Inscrit 16 décembre 2010 23 h 13

    La STM n'a pas ce droit de monopole de l'information!!

    NOUS payons avec nos taxes la STM, et ce qu'elle fait est carrément anti-démocratique, le fait d'accorder l'exclusivité d'espaces PUBLICS à une seule compagnie d'information (on ne parle pas de compagnie d'entretien ou autre, mais de l'information d'intérêt publique)!! ANTI-DÉMOCRTATIQUE, mais au nom de quoi donc? De l'argent? Pfouaaaahh il me semblait que l'espace public devait être laïque, pas au service d'un Dieu $ au prix de notre démocratie humaniste!...

    La STM pourrait simplement louer les espaces à tout organe d'information qui le voudrait (car on ne parle pas que d'un simple canal telle la compagnie qui fabrique les panneaux ou TV, mais aussi d'un contenu particulier, le canal étant en l'occurrence l'espace public)... Pourquoi une telle exclusivité? Nos administrations publiques sont actuellement parasitées par des dogmatismes surannées, et ils se servent de NOTRE argent CONTRE nous!