Le CH tatoué sur le coeur des médias

L’ancien gardien du Canadien Jaroslav Halak, qui a pourtant été échangé le 17 juin dernier, est la personnalité la plus médiatisée de l’année au Québec, toutes catégories confondues.<br />
Photo: Agence Reuters Jim Young L’ancien gardien du Canadien Jaroslav Halak, qui a pourtant été échangé le 17 juin dernier, est la personnalité la plus médiatisée de l’année au Québec, toutes catégories confondues.

Le poids médiatique du sport est maintenant de 19,48 % du total au Québec, par rapport à 7,43 % en 2001. Le Bilan 2010 de la firme Influence Communication montre qu'ici, tout est hockey, et encore plus.

Du Canadien, du Canadien et encore du Canadien. Est-ce qu'on a mentionné les Canadiens? En 2010 au Québec, près d'une nouvelle sur cinq (19,43 %) traite de sport et les trois quarts de ces informations sportives concernent le club de hockey professionnel de Montréal.

Tous les indicateurs médiatiques s'affolent quand il est question du CH selon le Bilan 2010 diffusé hier par Influence Communication, une firme de «courtage en information». Le Québec produit le quart de toutes les infos sur la Ligue nationale de hockey en Amérique du Nord. L'ancien gardien du club Jaroslav Halak, qui a pourtant été échangé le 17 juin dernier, est la personnalité la plus médiatisée de l'année au Québec, toutes catégories confondues. Mais ceci explique peut-être cela, l'échange ayant surstimulé les médias déjà obsédés.

Il s'agit du sixième bilan semblable diffusé par Influence Communication. Celui-là se concentre sur toute la production médiatique québécoise entre le 1er janvier et le 10 décembre, tout en fournissant des données comparatives provenant du Canada et des médias dans le reste du monde.

«Le sport est véritablement à son apogée, écrit le président de la firme Jean-François Dumas dans sa présentation du rapport intitulé État de la nouvelle, bilan 2010. Jamais, depuis le début des années 2000, le sport, en particulier le hockey, n'a pris une telle ampleur dans nos médias. Jamais la pauvreté, les aînés, les autochtones et même le reste du Canada n'ont occupé si peu de place.» Le document complet est disponible gratuitement sur le site influence communication.ca.

Un milliard de nouvelles

À l'international, les robots fureteurs de la firme ont colligé et analysé un milliard de nouvelles. Au Québec, le lot totalise 1,7 million d'émissions de toutes les sources, écrites, parlées ou imagées. Fait à noter, il s'agit d'une baisse de 11 % par rapport à 2009 et du plus faible volume depuis 2004. Ce rétrécissement global a des effets sur la longévité des nouvelles qui ont tendance à étirer leur présence active, 14 % d'entre elles subsistant jusqu'à 72 heures par rapport à 10 % de celles de 2008.

Le séisme du 12 janvier en Haïti constitue la nouvelle de l'année, avec un total de 825 000 articles de journaux publiés dans le monde sur le sujet les 13 et 14 janvier. Par contre, ici, le 21 janvier, le Canadien congédiait Georges Laraque et la nouvelle se hissait en 4e place des plus populaires de cette semaine, devant la rencontre économique du gouvernement Charest.

Outre Halak qui arrive en tête (avec 3,96 %), les cinq personnalités québécoises qui ont fait le plus souvent la nouvelle sont, dans l'ordre, Jean Charest, Michael Cammalleri, Carey Price et Stephen Harper. Pauline Marois se place en 12e position, Gilles Duceppe, en 28e, et Gérard Deltel, en 42e.

L'étude regorge de tableaux éclairants. Un des tout derniers du document de 80 pages montre que Tout le monde en parle est de loin (avec près de 115) l'émission de télévision la plus citée dans les journaux, suivie par La Série Montréal-Québec (5,26 %), puis Le Téléjournal, les séries Mad Men et Glee, et puis encore Occupation double et Le Banquier.

Le poids média est un indice quantitatif qui permet de mesurer la place qu'un individu ou une nouvelle occupe dans un ensemble donné, en tenant compte de sa nature (reportage, commentaire, etc.), de son emplacement (en début ou en fin de bulletin, etc.) comme de son format de traitement (photo, mention simple, etc.). Une nouvelle importante médiatiquement occupe plus de 1 % du poids média.
1 commentaire
  • Khayman - Inscrit 15 décembre 2010 07 h 27

    Panem et circenses

    Et après, on va se plaindre que ça va mal en politique, en économie, en environnement, en éducation, en santé, en agriculture...

    La course au lectorat des médias traditionnels, dopée par la crise engendrée par la révolution numérique, a le même effet qu'en éducation : on nivelle vers le bas. 2,6 fois plus de couverture sportive en 10 ans....incroyable.

    Après ça, une majorité de journalistes traditionnels viennent dire que les médias numériques ne valent pas de la chnoute. Je les invite à revisiter ce classique de la littérature mis en lumière par un projet collaboratif bénévole :

    http://fr.wiktionary.org/wiki/voir_la_paille_dans_