L'échelle de Scolarius - Un nouvel outil pour évaluer la lisibilité d'un texte

Il faut une formation collégiale pour comprendre les textes des journaux du Québec, Le Devoir s'avérant un peu plus exigeant que la moyenne. Par contre, des études primaires suffisent pour suivre les chroniqueurs Stéphane Laporte ou Pierre Foglia de La Presse. La critique Danielle Laurin du cahier Livres du Devoir, qui vient de recevoir un prix de journalisme pour la qualité d'un commentaire, n'exige pas davantage.

Par contre, le niveau de lisibilité moyen d'un communiqué de presse demande une formation universitaire. En fait, pour lire et comprendre un texte des pros du marketing et des relations de presse, il faut un bagage scolaire bien supérieur à celui demandé par un éditorial.

Ces étonnantes conclusions découlent du maniement de Scolarius, un nouvel outil dématérialisé mis au point par la firme de courtage en information Influence Communication. Le moteur analyse instantanément la lisibilité d'un texte en prenant compte de la longueur de ses mots, de ses phrases et de ses paragraphes. Le résultat prend la forme d'une cote (entre 50 et 250), qui peut ensuite être rapportée sur une échelle de lisibilité, elle-même liée à un niveau de scolarité. L'université demande entre 150 et 189. Passé ce seuil, on s'adresse aux initiés.

«Scolarius donne un indice du niveau de difficulté pour consommer de l'information écrite», explique Jean-François Damas, président d'Influence Communication. Sa firme a mis deux ans à développer l'outil offert gratuitement sur scolarius.com. Une version pour les textes anglais est en préparation. «C'est un moyen de plus pour ceux qui écrivent dans ou pour les médias.»

Le Devoir obtient un résultat moyen de 144, le plus élevé des journaux québécois. La Presse est à 129 et RueFrontenac à 131, cinq points au-dessus du Journal de Montréal. Parmi les claviers les plus connus, Patrick Lagacé de La Presse défend un Scolarius moyen de 86, très loin derrière Chantal Hébert (168), Louis Hamelin (178) et le champion Louis-Gilles Francoeur (203), tous trois du Devoir.

Par contre, contrairement à d'autres, cet outil ne juge rien de plus que les longueurs mentionnées, d'où sa limite. «J'aime bien la métaphore du thermomètre», dit le professeur Bertrand Labasse, professeur de l'Université d'Ottawa, spécialiste de la lisibilité des textes. «Le thermomètre ne vous renseigne que sur un paramètre de santé et pas forcément le plus important. De même, la lisibilité mesure un aspect du texte, qui est l'effort de lecture. [...] Très souvent, les marchands et les consultants vendent la partie pour le tout.»

Le professeur souligne alors l'importance de se préoccuper de la cohérence ou de la pertinence cognitive d'un texte. «Pourquoi, moi, lecteur, je m'intéresse à tel texte? Pourquoi, cet article sur Occupation double attire plus que les autres sur le Fonds monétaire international? Le journalisme n'est pas obligé de plonger vers le bas, mais il demande de reconquérir une expertise discursive pour mieux connaître le lecteur.»

En terminant, ce texte a atteint 109 sur l'échelle de Scolarius. La moyenne des articles de nouvelles se situe à 134.
2 commentaires
  • Faelenor - Inscrit 7 décembre 2010 08 h 55

    Ha-ha-ha

    Non mais quel humour prétentieux de tête enflée! Incroyable...

    Ce n'est pas avec des articles comme celui-là que Le Devoir va me prouver sa supériorité en tout cas! Je dirais même que ça cache un certain complexe d'infériorité.

  • Denis Poussart - Inscrit 7 décembre 2010 11 h 22

    Ceci existe depuis plus de 30 ans!!!

    Cette ressource existe depuis 1978 alors qu'elle a été développée - en ensuite perfectionnée - par la communauté unix comme outil du Writer's Workbench. Voir par exemple la section 3.9 du document "A History of UNIX before Berkeley: UNIX Evolution: 1975-1984", http://www.darwinsys.com/history/hist.html
    ou encore
    Explore powerful UNIX writer's tools, http://www.ibm.com/developerworks/aix/tutorials/au

    Il existe plusieurs indices de lisibilité et l'histoire de ce concept est riche dans la langue anglaise notamment. Elle semble malheureusement moins connue pour le français. Comparer simplement
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lisibilité
    et
    http://en.wikipedia.org/wiki/Readability

    La lisibilité fait d'ailleurs partie de paramètres légaux fréquemment invoqués aux Etats Unis.

    A ignorer l'histoire on risque de réinventer la roue.