Un top 5 des médias omnisports - «Le hockey est en train de balayer tout le reste»

Cinq d'un coup! Les informations sportives monopolisaient le quintette de tête de l'actualité dans les médias québécois, la semaine dernière, selon les données fournies par la firme Influence communication.

La finale de la Coupe Grey arrive en tête de liste avec 6,51 % du poids médias. Autrement dit, plus de 1 nouvelle sur 20 diffusées du 23 au 29 novembre concernait cet événement sportif. Suivaient, dans l'ordre, la finale de la Coupe Vanier (2,45 %) et trois matchs du Canadien en 3e, 4e et 5e position.

Cette main parfaite s'avère rare sans être unique, selon le président-fondateur de la firme de courtage en information. «Nous préparons la page couverture de notre bilan annuel et nous allons l'illustrer avec une rondelle qui rentre dans un filet, commente Jean-François Dumas. Il y a tellement eu de hockey dans l'actualité en 2010 que c'est en train de balayer tout le reste. Quand on regarde le Top 5 au Québec, c'est à croire qu'il n'y a pas de controverse, pas de scandale, pas de pétition contre le gouvernement, c'est à croire que la santé va bien et qu'il ne se passe rien à l'international.»

Si l'on objecte que l'émetteur n'est pas le récepteur, que la couverture des médias ne traduit pas nécessairement l'intérêt public, M. Dumas

réplique avec les données concernant Twitter, le site de microblogage transformant chacun en média. Le résultat s'avère exactement le même, tout autant monomaniaque: le Top 5 Twitter québécois des mots clés les plus gazouillés la semaine dernière concerne le football (Coupe Grey, Alouettes, Vanier et le joueur Anthony Calvillo) et le hockey (le joueur Alex Auld).

Distinction

La comparaison entre les situations québécoises et canadiennes éclaire également la société distincte. La semaine passée, les médias du reste du pays se passionnaient, dans l'ordre, pour la Coupe Grey (1), l'Action de grâce (2), l'escalade des tensions entre les deux Corées (3), le plan d'austérité en Irlande (4) et la victoire des Flames de Calgary contre les Flyers de Philadelphie (5).

M. Dumas ajoute que si l'Ontario, plus populeux, compte deux équipes de hockey (à Toronto et à Ottawa), le hockey occupe 15 % de plus de poids médiatique au Québec. Ici, tout est hockey et encore plus.

Cette semaine par contre, la Grande Guignolée des médias risque de bousculer un peu les places. Une fois n'est pas coutume, et est-ce vraiment une bonne nouvelle?

«Les médias s'occupent ainsi de la pauvreté pendant quelques jours et délaissent à peu près complètement le sujet le reste de l'année, dit finalement l'observateur critique. Collectivement, est-ce que ce ne serait pas plus profitable d'en parler peut-être un peu moins au mois de décembre et de s'y intéresser un peu plus le reste de l'année?»

Il cite alors une dernière statistique troublante. Au Québec, il faut 18,2 jours pour que le poids médias de la pauvreté égale la couverture médiatique consacrée aux recettes et à la cuisine en une seule journée. «Il y a comme un décalage... », commente le président Dumas.
6 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 30 novembre 2010 08 h 40

    Une fixation

    Je sais, dans mon milieu de travail par exemple, aussitôt que les femmes ne sont plus dans une discussion, quand les hommes sont entre eux, la plupart du temps ils parlent...de sports, surtout de hockey (quand les femmes reviennent, tout le monde parle de sexe).

    Je tente une théorie. J'ai remarqué que les hommes parlent de sport avec une charge affective disproportionnée, comme si le sport n'était pas que le sport mais tout ce qui les touche et les frustre, même la question nationale. Je crois qu'il faudrait décoder ce qui est dit sur le sport pour comprendre ce qui préoccupe vraiment les Québécois (masculins en tout cas). Pour ce qui est des femmes, je crois que les hommes les inquiètent beaucoup...

  • Catherine Sanche - Abonné 30 novembre 2010 10 h 26

    N'importe quoi !

    Il est défendu dans l'article la thèse que les médias visent juste pour ce qui est de l'intérêt du public. Serait-il possible que les gens bloguent sur ce qu'ils voient et entendent dans les médias ?

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 30 novembre 2010 14 h 39

    Le problème du CH

    Les médias montréalais intoxiquent tout le Québec avec leur foutu CH. En sont-ils seulement conscients?
    Ils ne parlent pas de hockey, ils parlent du CH. L'équipe n'a jamais été aussi peu québécoise en 100 ans d,histoire, pourtant on n'en a jamais parlé autant.
    L'an prochain, au lieu de parler de l'Empire Pierre-Karl, si on parlait de l'Empire CH?
    Ici, on se fait un honneur de ne jamais écouter le CH. Pis on achète surtout pas leurs produits.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 30 novembre 2010 20 h 14

    Erreur, M. Dumas, d'Influence Communication !

    Les journalistes font confiance à Jean-François Dumas, d’Influence Communication. Si j’étais à leur place, je me méfierais.

    En 2008-2009, l’entreprise s’est penchée sur le courrier des lecteurs paru dans 12 quotidiens du Québec* et a répandu des faussetés sur mon compte, qui ont été reprises dans «Trente»**, la bible des journalistes. On peut en effet y lire, sous la plume laconique d’Anick Perreault-Labelle, ce qui suit : «Statistique amusante : Sylvio Le Blanc a représenté à lui seul plus du quart de tout le courrier publié dans Métro pendant la dernière année (sic). Un éditorialiste bénévole, quoi!»

    Or, le nombre total de lettres publiées dans le courrier des lecteurs du journal «Métro» (de Montréal) durant la période couverte par Influence Communication, soit du 1er mai 2008 au 30 avril 2009, s’élève en réalité à 486 et non à 136, comme l’a recensé M. Dumas*. Comme 36 de mes lettres ont été publiées dans ledit journal durant la même période, cela représente 7 % du total et non 27 %, comme l’a dit M. Dumas à une émission radiophonique de Benoît Dutrizac, sur l’air de celui qui n’en revient pas***.

    M. Dumas, vous qui aimez énormément les radios-poubelles (qui, elles, n’aiment pas les quotidiens), faites attention à ce que vous dites et à ce que vous écrivez.

    Pour finir, je n’ai pas eu ma première lettre publiée en 2006, comme vous l’avez écrit*. Non, avant cette année-là, 171 de mes lettres avaient déjà été publiées.

    Sylvio Le Blanc

    Notes:

    *
    «Existe-t-il un ‘‘Star System’’ au sein du courrier du lecteur québécois ?».
    http://www.influencecommunication.ca/fr/19mai2009.

    **
    «Trente», «On n’a plus le courrier des lecteurs qu’on avait!», septembre 2009, pp. 20-22. Auteure : Anick Perreault-Labelle.

    ***
    98,5 FM, le 1er septembre 2009. http://www.influencecommunication.ca/index_fr.html

  • alcibiade - Inscrit 1 décembre 2010 13 h 00

    le hockey monopolisant les nouvelles appellent une restriction

    quant à la recherche de moyen de le financer auprès des gouvernements.
    Et dans le cas qui nous préoccupe présentement, soit celui du financiement de l'amphithéêtre à Québec par le maitre Labeaume. Et si le sport est tellement rentable, pourquoi les millionnaires du sport n'y investissent rien.