Le CRTC approuve la demande de licence pour Sun TV News

Ottawa — Les Canadiens auront bientôt droit à une troisième chaîne câblée d'information continue de langue anglaise.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a approuvé hier la demande de licence pour cinq ans de Sun TV News, qui entrera en concurrence directe avec CBC News Network et CTV News Channel.

Le feu vert du CRTC était considéré comme une formalité, après que Quebecor eut laissé tomber sa demande pour une licence spéciale qui aurait obligé les distributeurs par câble et par satellite à offrir le service.

En vertu de la licence de catégorie 2, la nouvelle station aura besoin de négocier avec les entreprises de câblodistribution et de satellite pour obtenir une place dans leurs forfaits de chaînes de télévision.

L'été dernier, les représentants de Quebecor avaient argué qu'une licence de catégorie 2 compromettrait leur entreprise. Mais le CRTC avait préalablement décidé de ne plus accorder de telles licences à partir de septembre.

Dans un communiqué transmis hier, le président et chef de la direction, Pierre Karl Péladeau, n'a montré aucun signe de déception relativement à la décision du régulateur fédéral. «Aujourd'hui marque le début d'une nouvelle ère pour les médias d'information canadiens», a-t-il déclaré.

M. Péladeau a affirmé que la nouvelle chaîne, qui pourrait entrer en ondes dès le 1er janvier, viserait à «bousculer les idées reçues» et offrirait aux Canadiens «une nouvelle voix».

Quebecor indique que le réseau proposera un format «de nouvelles brutes et de franc-parler».

L'entreprise a été touchée d'emblée par la controverse, en partie parce que Quebecor avait d'abord choisi pour piloter le réseau l'ex-directeur des communications du premier ministre Stephen Harper, Kory Teneycke, connu pour sa personnalité combative.

Les déclarations subséquentes de M. Teneycke ont laissé peu de doute quant à l'orientation de la nouvelle chaîne sur l'échiquier politique — essentiellement à droite —, ce qui a poussé le groupe militant Avaaz à lancer une pétition pour empêcher Quebecor d'obtenir une licence de catégorie 1.

M. Teneycke s'est retiré du projet à la mi-septembre, à peu près au même moment où Avaaz demandait une enquête policière sur une prétendue tentative de sabordage de la pétition en ligne.