Planète-Terre - Un micro ouvert sur le monde

Le directeur exécutif du CÉRIUM, Jean-François Lisée, anime l’émission Planète-terre.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le directeur exécutif du CÉRIUM, Jean-François Lisée, anime l’émission Planète-terre.

L'idée de monter une émission germait déjà dans la tête des dirigeants du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CÉRIUM) quand Radio Ville-Marie leur a fait une offre.

Animée par le directeur exécutif du CÉRIUM, Jean-François Lisée, l'émission Planète-terre, qui consacre depuis presque deux ans une heure par semaine au travail des chercheurs, enregistre des cotes d'écoute de plusieurs dizaines de milliers d'auditeurs par émission.

«Planète-terre s'adresse aux gens qui s'intéressent à aller plus loin que l'actualité. À condition qu'on leur explique tout. C'est le principe de l'émission», mentionne M. Lisée, qui compare ces «gens» à sa tante Marcelle, une femme intelligente et curieuse qui, de son vivant, voulait toujours tout savoir.

Vulgariser le travail de 250 chercheurs


Créé en 2004, le CÉRIUM a pour principale mission de favoriser le développement des connaissances sur les questions internationales. Le centre a monté sa première émission hebdomadaire à l'antenne de Radio Ville-Marie en janvier 2009. Depuis, Planète-terre, qui vulgarise et facilite l'accès au savoir et au travail des 250 chercheurs du centre et de ses unités, est reconduite à longueur d'année, et ce, au moins jusqu'en mai 2011.

La réaction est très bonne, répond d'abord Jean-François Lisée. Il cite d'ailleurs la fois où un professeur invité, Jocelyn Coulon, est venu parler, en studio au début de septembre, des stratégies pour l'Afghanistan, alors que soixante personnes assistaient à la conférence. Un nombre qui grimpe rapidement à 60 000 personnes quand on confond tous les canaux. Son rôle: questionner les chercheurs et leur demander des explications. «On veut savoir ce qui, pour le médecin, le philosophe ou le sociologue invités, est intéressant dans les médias» à l'heure actuelle et sur un sujet donné.

Pour alimenter les émissions, on s'inspire beaucoup des écoles d'été du CÉRIUM. «Huit écoles cet été, pour un total de 90 conférences avec différents chercheurs, ça nous fait un stock très précieux, ce qui fait qu'on se retrouve avec beaucoup de matière à utiliser pour l'automne et l'hiver», indique celui qui dit prendre au moins une journée et demie de son temps par semaine pour faire de la recherche, colliger de l'information, faire un travail de synthèse et ainsi enregistrer Planète-terre.

Une heure découpée en trois blocs


L'émission, une plateforme qui permet aux chercheurs du CÉRIUM et à leurs invités de démystifier les divers chamboulements internationaux et de disséquer les tendances du moment, se découpe en trois parties.

La première partie porte le titre «Derrière le bruit» et met à l'avant-scène un auteur ou un scientifique venu pour expliciter un sujet d'actualité internationale. Ensuite vient un deuxième bloc, titré «En profondeur», où, cette fois, on destine 20 minutes à un grand dossier. On pense notamment à la fois où un spécialiste de l'islam, Patrice Brodeur, est venu expliquer «Le Coran pour les nuls». Ont également figuré à l'horaire en deuxième partie d'émission, cet automne, une introduction générale consacrée au 50e anniversaire de l'indépendance africaine, un topo sur l'argent sale des ONG et un autre sur l'éducation en Inde, entre autres. Toujours au moyen d'entrevues avec des chercheurs et leurs invités.

«Voir, lire et entendre», la troisième et dernière section de l'heure, se traduit par un bloc de dix minutes qui est quant à lui consacré à des chercheurs invités à venir commenter des livres ou encore des films. Par exemple, le 1er octobre, Martin Coiteux, professeur agrégé au service de l'enseignement des affaires internationales à HEC, est venu faire la recension de Wall Street prise 2, tandis que Bruno Ramirez était de passage au studio, le 24 septembre, pour commenter sur Machete, «film gore ou film politique».

Selon le directeur exécutif, Planète-terre fait rayonner non seulement le CÉRIUM mais aussi d'autres organismes en faisant appel à différents spécialistes issus d'autres universités.

La question du religieux


Étant donné que l'émission allait se tenir sur les ondes de Radio Ville-Marie, M. Lisée admet que la question du caractère religieux est survenue. «On s'est posé la question et on a regardé ce qui se faisait déjà pour s'assurer que la liberté éditoriale était possible, décrit-il, en admettant qu'on a un peu testé le phénomène indirectement quand, en septembre dernier, on a parlé de la thèse de jurisprudence selon laquelle Benoît XVI pourrait être accusé de complicité, à défaut de n'avoir rapporté des actes criminels aux autorités policières. On a donc invité des juristes pour discuter de ce cas précis, après quoi nous n'avons reçu aucune plainte», explique-t-il. Une preuve suffisante pour témoigner de l'ouverture, comme quoi aucun sujet ne semble interdit.

Journaliste de métier, Jean-François Lisée a été correspondant à Paris et à Washington pour des médias québécois et français pendant 20 ans. De 1994 à 2000, il a ensuite agi à titre de conseiller politique pour les premiers ministres québécois Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Au cours de sa carrière, il a aussi écrit plusieurs livres. On se rappellera d'ailleurs le titre Dans l'oeil de l'aigle, qui lui a valu le Prix du gouverneur général en 1990. En tant que membre du Centre d'études sur les politiques et le développement social (CPDS), il a participé à la fondation d'un site Web sur l'évolution des politiques sociales dans un contexte de mondialisation: politiquessociales.net. Il a également été chercheur invité en 2003-2004 au Centre d'études et de recherches internationales de l'Institut d'études politiques à Paris. Depuis sa mise sur pied, il est directeur exécutif du CÉRIUM et il alimente aussi quotidiennement un blogue dans les pages et dans le site Internet du magazine L'Actualité.

Pour écouter

L'émission Planète-terre est diffusée tous les vendredis soirs à 19h30 pendant une heure et en rappel, le samedi matin à 11 heures, via le réseau des six stations de Radio Ville-Marie (Montréal 91,3 FM, Sherbrooke 100,3 FM, Trois-Rivières 89,9 FM, Ottawa 1350 AM, Victoriaville 89,3 FM et Rimouski 104,1 FM). L'émission est en ligne à compter du lundi dans le site Web du CÉRIUM, en vidéo, audio ou baladodiffusion, et on peut la visionner au Canal Savoir le mercredi à 13 heures, le jeudi à 21 heures, le vendredi à 17h30 et le dimanche à 19h30. Il est également possible de s'abonner à la baladodiffusion de Planète-terre via ItunesU.

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Collaboratrice du Devoir