La mort du «padrino canadese» rapportée dans la presse italienne

Nick Rizzuto aux funérailles de son petit-fils, le 2 janvier dernier<br />
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi Nick Rizzuto aux funérailles de son petit-fils, le 2 janvier dernier

Plus de 24 heures après la confirmation du décès du «padrino della mafia canadese», Nicolo Rizzuto, les pages d'accueil des principaux quotidiens italiens hébergeaient toujours la fracassante nouvelle de sa mort violente.

L'onde de choc de la nouvelle de l'assassinat, mercredi soir, du patriarche de la famille Rizzuto, dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville à Montréal, s'est propagée à grande vitesse en Italie, si bien que des dizaines de sites soulignaient l'affaire.

Le premier journal de Sicile, le Giornale di Sicilia, a fait la part belle à la dépêche de l'Agenzia Nazionale Stampa Associata (ANSA), soulignant qu'«avec la mort de son patriarche historique, le clan d'origine sicilienne a subi un coup qui pourrait être fatal». Une information qui s'est retrouvée en deux temps, trois mouvements sur les sites de plusieurs journaux distribués à travers le pays, comme La Stampa. «Le pouvoir des Rizzuto sur la scène du crime organisé de Montréal est ouvertement en discussion depuis plus d'un an», fait remarquer le quotidien national d'information, dont le lectorat est évalué à environ 1,9 million d'Italiens.

Le meurtre de Nicolo Rizzuto est le dernier d'une «guerre» qui a fait, à Montréal, des dizaines de morts, note le journal génois Il Secolo XIX.

La Repubblica a coiffé un article figurant toujours, hier soir, sur la page d'accueil de son site Web — l'un des plus riches et des plus consultés parmi les sites d'information selon le Courrier international — par le titre «Tué à 86 ans, Nicola Rizzuto, le parrain de la mafia canadienne». Le texte, qui a été suggéré par près d'un demi-millier d'abonnés de Facebook, rappelle les revers subis par la famille Rizzuto au cours des derniers mois avec notamment le meurtre du petit-fils du «boss», Nick, qui avait été atteint mortellement de plusieurs coups de feu en décembre 2009 au coeur de Montréal, ainsi que l'incarcération de son fils Vito, aux États-Unis.

Le Corriere della Sera indique, comme la plupart des journaux italiens, que Nicolo avait quitté Cattolica Eraclea, un village de quelques milliers d'âmes sis à plus de deux heures de route de Palerme, en 1954. Le quotidien le plus vendu de la République italienne — avec 700 000 exemplaires — souligne aussi à grands traits que des dizaines de milliers de personnes avaient pris part, dans la région de Calabre, à une manifestation contre la mainmise de la mafia sur plusieurs secteurs d'activité.