Lockout au JdeM - Rencontre à la Caisse de dépôt

Des représentants d'une coalition de journalistes du Québec ont rencontré hier des dirigeants de la Caisse de dépôt et placement (CDP) au sujet du conflit qui affecte Le Journal de Montréal depuis plus de 21 mois.

«On a pu présenter notre point de vue en le développant autour de deux préoccupations qui se rejoignent: d'abord sur la durée du conflit, l'absence de règlement et ses impacts sur la qualité de l'information; puis, en général, par rapport à l'impact sur la qualité de l'information de l'affaiblissement des syndicats de journalistes», explique Charles Côté, du syndicat des travailleurs de l'information de La Presse, un des délégués de la coalition. Il était accompagné d'un employé du Devoir et d'un autre de TVA.

La CDP était représentée par le président et chef de la direction, Michael Sabia, et par deux vice-présidents. «La rencontre a été très cordiale, dit Maxim Chagnon, porte-parole de la Caisse. Michael Sabia est très intéressé à entendre les différents points de vue. Il a déjà eu une rencontre [en mars] avec des délégués du Syndicat des travailleurs du Journal de Montréal.» Pour le reste, M. Chagnon explique que les deux parties ont convenu de ne pas dévoiler publiquement de détails sur les échanges.

La coalition a été mise en place après le rejet des offres patronales le 12 octobre, par neuf syndiqués sur dix. La proposition de règlement imposait le renvoi de quatre employés sur cinq et la fermeture du média syndical Rue Frontenac, qui lance d'ailleurs aujourd'hui son hebdomadaire papier.

Des syndicats et des regroupements non syndicaux totalisant environ 3800 journalistes ont signé la déclaration commune dévoilée lundi. La démarche demandait notamment à la CDP d'intervenir dans le conflit puisqu'elle possède une partie des actions de Quebecor Media, propriétaire du Journal de Montréal.

«Comme tout le monde, on souhaite que le conflit se règle le plus rapidement possible, dit M. Chagnon. Mais la Caisse a des investissements dans beaucoup d'entreprises au Québec et n'intervient pas dans les activités des entreprises.»

La coalition entend maintenant développer ses interventions autour de deux axes, soit la tenue d'une commission parlementaire concernant les effets sur l'information de la concentration de presse au Québec et la modernisation du Code du travail afin de l'ajuster à la réalité du télétravail.
1 commentaire
  • helene poisson - Inscrite 28 octobre 2010 02 h 31

    Comme Ponce-Pilate, la Caisse n'intervient pas mais...

    Chez Québécor, la Caisse s'est juste contentée en mai 2010 d'élire au CA la présidente de la Chambre de commerce, Mme Françoise Bertrand, sans oublier l'ex Très Honorable Brian Mulroney.

    En plus de ses jetons de présence au CA, Mme Bertrand empoche son salaire de scab pour ses chroniques. Quel intérêt a-t-elle a ce que ce conflit se termine ? Quelqu'un a-t-il lu le rapport Oliphant à la Caisse dans le cas de M. Mulroney ?

    Le respect des droits des travailleurs et des collectivités fait partie intégrante de la ''politique d'investissement socialement responsable'' de la Caisse (voir plus bas l'extrait de son site).

    Le beau code d'éthique de la Caisse de dépôt se réfugie présentement à l'ombre de petites virgules légalistes au détriment du développement démocratique de la collectivité de ses déposants.

    Une utilisation judicieuse par M. Sabia de son autorité morale pourrait inciter PKP à laisser tomber ses caprices enfantins ou freudiens.

    (extrait du site CDPQ)
    En complément de sa politique sur les principes régissant l’exercice du droit de vote dans les sociétés cotées en Bourse, la Caisse s’est dotée d’une politique sur l’investissement socialement responsable en vertu de laquelle :

    * elle favorise le dialogue avec les dirigeants d'entreprises relativement aux enjeux de l’investissement socialement responsable;
    * elle encourage ses pairs à contribuer à l’amélioration du bilan social des entreprises dans lesquelles ils investissent;
    * elle s’attend à ce que les entreprises dans lesquelles elle investit :

    - mènent leurs activités en respectant les droits et libertés et interdisent toute discrimination;
    - respectent les droits des travailleurs et leur garantissent un environnement sain et sécuritaire;
    - respectent et protègent l’environnement;
    - respectent les collectivités au sein desquelles elles