Médias - Naissance du nouveau tabloïd Rue Frontenac

Le nouveau journal papier Rue Frontenac sera lancé demain. Le tabloïd couleur sera tiré à au moins 75 000 exemplaires. L'hebdomadaire gratuit paraîtra tous les jeudis et sera distribué dans un réseau d'environ 1400 points de chute dans la région montréalaise, mais aussi en Estrie, en Mauricie et en Outaouais. Montréal aura aussi droit à une distribution à la criée.

Toujours selon les informations obtenues par Le Devoir, le nouvel hebdomadaire proposera quatre sections thématiques consacrées aux nouvelles générales, au monde des affaires, à la culture et aux sports. Il ne s'agira pas d'un florilège des meilleurs textes publiés dans les jours précédents sur le site syndical ruefrontenac.com, lui-même très bien établi. Au contraire, le journal souhaite multiplier les textes originaux et inédits. Les reportages, les enquêtes, les analyses et les chroniques seront réalisés par certains collaborateurs du site Internet, mais aussi par de nouvelles signatures des journalistes lockoutés.

Le tabloïd couleur comptera au moins 48 pages. Il a un précédent, un journal carré en couleurs d'une quarantaine de pages consacré au Canadien de Montréal que Rue Frontenac a fait paraître le 24 septembre 2009.

La nouvelle publication témoigne de l'enlisement du conflit entré cette semaine dans son 22e mois de lockout. Quebecor Media, propriétaire du Journal de Montréal, a exigé la fermeture de Rue Frontenac dans les offres rejetées il y a deux semaines par les syndiqués. Une clause dite de non-concurrence demande au Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal de «mettre fin définitivement à toute activité, sur quelque plateforme que ce soit, de l'entreprise Rue Frontenac et de cesser définitivement d'utiliser cette marque ou appellation, à la signature de la convention collective». Une autre clause précise que le média concurrent «ne pourra revivre de quelque manière que ce soit, sous un autre nom pendant une période de six mois» après l'entente.

Ses créateurs y tiennent, d'autant plus que le site, le tabloïd et les autres dérivés possibles sur différentes plateformes pourraient bien constituer une sorte de planche de salut professionnelle pour une partie des quelque 250 employés qui seront congédiés à la fin du conflit. La direction propose de ne garder qu'un syndiqué sur cinq, dont 17 journalistes.

Le moyen de pression devait permettre aux lockoutés de continuer à exercer leur métier pendant le conflit. Il pourrait servir exactement à la même chose après.

Le site Internet d'informations lancé quelques jours après le début du lockout s'avère de plus en plus populaire. Le nombre mensuel de visites a plus que doublé entre février 2009 et septembre 2010. Dans ses documents publicitaires, ruefrontenac.com revendique maintenant 2,2 millions de pages vues mensuellement et 380 000 visiteurs uniques par mois. La moitié d'entre eux sont âgés de 25 à 44 ans, le tiers gagne plus de 100 000 $ par année.