Étude inédite sur les pratiques culturelles au Québec - Les Québécois adoptent de plus en plus Internet, sans délaisser la télévision

Internet est-il en passe de creuser la tombe du livre, des journaux, de la télévision et de la radio? Nenni, clament des données inédites sur les pratiques culturelles des Québécois qui prouvent au contraire que l'adhésion massive à Internet favorise la consommation culturelle d'autres médias traditionnels.

Les Québécois sont près de deux fois plus nombreux à surfer sur Internet qu'il y a cinq ans, mais ils n'ont pas délaissé pour autant les médias plus traditionnels de diffusion culturelle que sont notamment le petit écran, la radio, le câble ou la télévision payante.

Tels sont les premiers constats tirés d'une enquête menée auprès de 8000 ménages par le ministère de la Culture sur l'impact des nouvelles technologies sur les pratiques culturelles au Québec. Ces premiers chiffres ont été dévoilés hier dans le cadre du Forum intitulé La Diversité culturelle à l'ère numérique, qui a réuni quelque 300 personnes à la Grande Bibliothèque à Montréal.

Présenté par la chercheuse Marie-Claude Lapointe, professeure adjointe au Département d'études en loisir, culture et tourisme à l'Université du Québec à Trois-Rivières, ce coup de sonde révèle que le recours croissant aux nouvelles technologies dans les pratiques de consommation culturelle ne se fait pas nécessairement au détriment des médias et véhicules plus traditionnels.

Pas moins de 93 % des Québécois ont utilisé des services Internet en 2009, comparativement à 56 % en 2004. Malgré tout, la fidélité au câble se maintient (65 %), tandis que l'usage de la télévision payante et de la télévision satellite est à la hausse. Et cela, même si la  consommation de produits télévisuels en ligne, notamment sur des sites comme tou.tv, continue de croître.

Croyance populaire

De fait, 26 % des Québécois interrogés regardent la télévision en ligne, plus de 29 % écoutent la radio grâce à Internet, 12,6 % visitent des musées ou des expositions en ligne et près de 9 % téléchargent des films. «Le fait d'être abonné à Internet ne semble pas réduire l'abonnement à d'autres services donnant accès à des produits culturels. Contrairement à la croyance populaire, l'apparition de nouveaux médias ne tue pas nécessairement les plus anciens», explique Mme Lapointe.

Idem pour les journaux et surtout pour les magazines, dont 80 % des lecteurs préfèrent encore la version papier (50 % pour les journaux) à la version électronique. Pour le livre, Internet demeure un mode d'accès plus que marginal au contenu, puisque le livre numérique n'est adopté que par 2,2 % des lecteurs québécois.

En fait, l'étude révèle même que les Québécois qui passent le plus de temps sur Internet (plus de trois heures) sont aussi ceux qui lisent le plus de livres, comme quoi le combat entre Tim Berners-Lee (inventeur du Web) et Gutenberg n'est pas encore gagné.

«Ce n'est pas parce que les gens vont de plus en plus sur Internet qu'ils délaissent la lecture ou d'autres supports. On peut même penser qu'Internet fait office de stimulateur culturel et d'incitatif à la lecture et à la découverte de divers produits culturels», soutient la chercheuse.
1 commentaire
  • Felix Remillard - Inscrit 28 octobre 2010 23 h 53

    late boomer

    Il est établie que les boomers resteront en grande partie fidèles à leur medium favoris. De ce fait, les statistiques présentées ne sont pas très pertinentes et auraient eu avantage à s'établir en fonction de l'âge des répondant car c'est là le nerf de la guerre.