Lock-out au Journal de Montréal - Une coalition de 3800 journalistes s'implique dans le conflit

Une large coalition de syndicats et de journalistes indépendants s'immisce dans le conflit qui touche Le Journal de Montréal. Le regroupement représentant environ 3800 professionnels de l'information réclame une intervention de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDP) pour faire pression sur la direction du quotidien en lock-out depuis bientôt 21 mois.

La coalition veut aussi que le gouvernement du Québec modernise le Code du travail pour empêcher le recours à des travailleurs de remplacement employés à distance grâce aux nouvelles technologies. Deux tribunaux ont jugé que Le Journal de Montréal n'emploie pas de scabs selon les normes du Code datant de 1977.

La position de la coalition sera expliquée en conférence de presse ce matin à Montréal. La CDP possède 45 % des actions de Quebecor Media, l'entreprise propriétaire du Journal de Montréal. Les collègues des quelque 250 lock-outés souhaitent que la Caisse force la direction du journal à retourner à la table de négociations. Les lock-outés aussi se réunissent aujourd'hui. Deux semaines après leur rejet en bloc des offres patronales, ils se réuniront à nouveau en assemblée générale cet après-midi pour discuter de la suite des choses.

Les syndiqués ont rejeté à neuf contre un les premières offres patronales déposées après environ 620 jours de confrontations. L'hypothèse de règlement demandait notamment le renvoi de quatre syndiqués sur cinq et une clause de non-concurrence empêchant pour six mois les journalistes congédiés d'aller travailler à La Presse, concurrent du Journal de Montréal.

La coalition a été mise en place après le vote. Elle regroupe notamment les syndicats des communications de Radio-Canada, de TVA, du Devoir et de La Presse, mais aussi les équipes de rédaction du magazine Urbania, du journal Les Affaires et aussi l'Association des journalistes indépendants du Québec.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec, qui n'a pas signé la déclaration commune, a pour sa part demandé récemment que Québec organise une commission parlementaire sur le conflit et ses enjeux. La Confédération des syndicats nationaux, elle, a déclenché la semaine dernière un mouvement de boycottage du Journal de Montréal. Elle a appelé à ne plus le lire, l'acheter ou y annoncer.
9 commentaires
  • Michelle Bergeron - Inscrit 25 octobre 2010 03 h 46

    C'est pas à la Caisse de dépôt....

    d'intervenir sur ce dossier. Il y a eut assez d'incompétence et de perte d'argent qu'il s'en tienne à leur rôle. Quand Gesca à négocier avec la menace de fermeture la Caisse à rien fait et pourtant ce n'est pas un important employeur au Québec et si mes informations sont à date il doit encore de l'argent à la Caisse de dépôt.
    Quoi que je trouve très déplorable cette situation. Comme abonné je compte réduire mes services en spécifiant pourquoi et j'espère que d'autres suivront. Péladeau mal habile et têtu. Quand je penses à Corus Québec fait maison net par étape. Les commerces qui annoncent devraient s'en mêler et vite ça presse

  • Socrate - Inscrit 25 octobre 2010 04 h 51

    journaux

    Le Journal de Montréal a pris son essor suite à une grève à la Presse et il serait avantageux pour tout le monde de commencer un nouveau journal sur la Toile du futur plutôt que de vouloir retourner aux vieilles ornières de Pierre Karl avec ses habituelles niaiseries pipelistes.

  • Sylvain Auclair - Abonné 25 octobre 2010 09 h 20

    Une question....

    Avec une telle part des actions, la CDPQ pourrait-elle «éjecter» PKP de son siège?

  • MJ - Inscrite 25 octobre 2010 10 h 35

    Des changements “sismiques” dans les milieux du travail? (1)

    On ne peut s’empêcher de reconnaître que cette révolution informatique qui date d’au moins deux décennies, de même que l’arrivée d’Internet avec les possibilités du télé-travail (à distance de son lieu de travail, à domicile ou ailleurs) ont profondément changé les règles du jeu dans beaucoup de milieux de travail, permettant à l’employeur de faire appel au travail contractuel, à la pige, temporaire, avec son lot de précarité, toutes mesures entraînant la perte d’emplois permanents et la sécurité d’emploi relative qui y était attachée. Le monde médiatique fortement touché par les nouvelles technologies de l’information n’y échappe pas! A l’instar du philosophe Nietzsche, on pourrait se demander, est-ce un bien, est-ce un mal?

    Cette révolution informatique a été la nouvelle révolution industrielle du XXe siècle dans nos sociétés. Les bouleversements qu’elle entraîne, dans les milieux de travail, entre autres, sont là pour rester jusqu’au prochain choc du futur! (v. Le sociologue américain, Alvin Toffler, Le choc du futur (1970), La troisième vague (1980), La richesse révolutionnaire (2007)). Est-ce que les travailleurs sont prêts à faire face à tous ces changements et aux décisions quasi discrétionnaires et aléatoires des employeurs et gouvernements, lesquelles décisions bouleversent les conditions de vie et de travail?

  • MJ - Inscrite 25 octobre 2010 10 h 39

    Des changements “sismiques” dans les milieux du travail? (2)

    Pour le côté positif, sur le plan environnemental, avec la place de plus en plus présente du journal virtuel, on devrait observer une réduction des ventes de journaux sur support papier. En un sens, c’est autant de gagné pour la préservation de nos forêts! Toutefois, une partie des enjeux de cette révolution technologique sur les droits d’auteurs, notamment, sont déterminants dans le secteur culturel. On a qu’à penser au volet culturel sur lequel portent aussi les négociations actuelles à propos de l’AECG (Accord économique et commercial global) entre l’Union européenne et l’Amérique du Nord (Québec, Canada, Etats-Unis, Mexique) en vue d’une vaste “libéralisation des échanges”

    Mais revenons au conflit opposant les employés du Journal de Montréal à la direction du journal et à son propriétaire et représentant (Quebecor et PKP). On pourrait se demander si la conjoncture actuelle ne serait pas favorable à la fondation d’un nouveau journal, et que les travailleurs ne pourraient pas en devenir les artisans, en constatant les positions rigides et non négociables de leur employeur?