Médias - Astral et Cogeco au Conseil de presse

Le tribunal d'honneur des médias comptera bientôt deux nouveaux membres. Ce qui isole d'autant plus les médias de Quebecor qui boudent le Conseil de presse et le menacent de poursuites.

Astral Média revient au Conseil de presse du Québec (CPQ). Cogego y sera bientôt.

Le CPQ est le tribunal d'honneur de la profession journalistique. Il juge les plaintes du public depuis 1973 selon une logique d'autorégulation.

Astral a annoncé son retour au Conseil hier, après environ deux ans d'absence. L'entreprise emploie 130 journalistes, au Canada, dont une soixantaine travaillent dans 24 stations de radio du Québec.

Cogeco annoncera aujourd'hui son intention d'intégrer à son tour le CPQ, selon les informations obtenues par Le Devoir. L'intention sera dévoilée devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) réuni à Montréal pour étudier l'achat par Cogeco des 11 stations de radio québécoises appartenant à Corus Entertainment.

«Le nouveau président du Conseil, John Gomery, nous plaît, explique Éric Latour, chef de l'information d'Astral Radio, en entrevue téléphonique, pour justifier sa décision. La nouvelle stabilité du conseil d'administration et sa vision d'avenir nous plaisent aussi. [...] Nous trouvons important que les médias écrits et parlés au Québec aient accès à cet outil du tribunal d'honneur.»

L'ex-juge Gomery a été nommé à la tête du CPQ l'hiver dernier, amorçant du même coup le renouveau de l'organisme malmené par des dissensions sur son rôle. L'Association québécoise des télédiffuseurs et radiodiffuseurs (AQTR) avait quitté le Conseil en décembre 2008. C'est par cette entremise qu'Astral et Corus en étaient membres, jusque-là, tout comme TVA, TQS, RDS et Radio-Nord.

«Nous sommes ravis de voir le retour d'Astral, dit le juge Gomery. C'est un jour important pour les médias au Canada et au Québec. [...] C'est un excellent signe de la revitalisation du Conseil.»

Le CPQ organisera vendredi une journée complète d'échanges à huis clos pour encore mieux ancrer ce renouveau. Plusieurs universitaires, spécialistes de l'éthique, du droit ou des médias partageront leurs réflexions avec, entre autres, les membres du conseil d'administration de l'organisme où siègent des patrons de presse, des journalistes et des représentants du public.

Il a été impossible d'obtenir une confirmation de la part de Cogeco. Si elle se concrétise, cette autre intégration va elle aussi trancher avec la décision récente du Journal de Montréal et du Journal de Québec de se retirer du Conseil.

Quebecor, propriétaire de Sun Media et donc de ces deux publications comme de TVA et de l'agence QMI, a décrié «la faiblesse des motifs justifiant les décisions [du Conseil], leur caractère arbitraire et leur absence de rigueur» pour justifier son retrait. L'empire médiatique menace de poursuivre le CPQ s'il s'entête à juger les plaintes concernant le travail de ses journalistes.

«J'espère que ça va donner lieu à une réflexion de leur part, dit le président Gomery. Ils sont isolés, et nous avons espoir de les voir revenir au CPQ un jour.»