Conflit au Journal de Montréal - La CSN veut faire modifier le Code du travail

Jacques Bourdon est photographe au Journal de Montréal depuis 42 ans et, depuis près de deux ans, il attend sur le trottoir que son employeur mette fin au lock-out.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jacques Bourdon est photographe au Journal de Montréal depuis 42 ans et, depuis près de deux ans, il attend sur le trottoir que son employeur mette fin au lock-out.

Québec — A bout de patience, la CSN a exhorté hier le gouvernement Charest de modifier le Code du travail pour le bénéfice des 253 travailleurs du Journal de Montréal en lock-out depuis 20 mois.

S'il veut éviter d'être perçu comme le complice du patron Pierre Karl Péladeau dans ce conflit qui s'éternise, le gouvernement n'a d'autre choix que de revoir la loi antibriseur de grève, a fait valoir la présidente de la centrale, Claudette Carbonneau.

«Refuser de moderniser les dispositions antibriseur de grève après 20 mois de conflit [...] c'est choisir d'appuyer une partie et de mépriser 253 personnes qui sont sur le trottoir depuis bien trop longtemps», a fait valoir Mme Carbonneau.

Elle participait à une manifestation aux côtés de quelques dizaines de lockoutés du Journal de Montréal devant l'Assemblée nationale, à l'occasion de la rentrée parlementaire.

Sous une pluie battante, le président du syndicat du Journal, Raynald Leblanc, a lancé un cri du coeur au nom de ses compagnons d'infortune.

«La violence, ce n'est pas que physique. Depuis presque deux ans, nous subissons de la violence psychologique, de la violence économique», a relaté M. Leblanc, la voix étranglée.

Avec l'appui de l'opposition officielle et de Québec solidaire, la centrale a présenté une pétition de 20 000 signatures en faveur de la modernisation de la loi antibriseur de grève.

Pour Mme Carbonneau, les dispositions de la loi, adoptées en 1977, sont obsolètes car elles ne tiennent pas compte des nouvelles technologies de communication.

De fait, en vertu de la loi actuelle, les briseurs de grève n'ont pas accès à «l'établissement physique» de l'entreprise en conflit de travail.

Or, les technologies ont évolué depuis 30 ans et aujourd'hui un pigiste peut traverser virtuellement la ligne de piquetage en travaillant chez lui par ordinateur, a soulevé la présidente de la CSN.

Maintenir tel quel le Code du travail contribue à donner un net avantage à certains employeurs qui parviennent à poursuivre leurs activités en laissant les travailleurs syndiqués ronger leur frein, a-t-elle résumé.

«Dans le cas du Journal de Montréal, c'est un employeur qui pose un geste arbitraire de foutre à la porte 253 personnes et qui ne sent aucune obligation de négocier», a soutenu Mme Carbonneau.

La CSN presse la nouvelle ministre du Travail, Lise Thériault, de présenter un projet dès cet automne afin de rétablir «l'équilibre» des rapports de force dans les relations de travail, soit l'esprit de la loi adoptée en 1977.
2 commentaires
  • Québec Droite - Inscrit 22 septembre 2010 08 h 56

    Il faut surtout abolir la loi antibriseur de grève

    Les gens de la CSN oublient de dire, qu’en ayant une loi antibriseur de grève on ne favorise que la position syndicale.

    Les dispositions antibriseurs de grève au Québec éloignent les entrepreneurs étrangers, les codes du travail plus rigides au Québec influencent les investisseurs privés.

    Principale distinction: les dispositions, antitravailleur de remplacement, le gréviste garde tous ces droits, mais l’employeur ne peut remplacer le gréviste, donc l’employeur doit limitées ces activités économiques, l’équilibre est rompu, le Québec et la Colombie-Britannique possèdent de telles lois, mais les autres provinces peuvent utilisés des employés pour continuer la production, tel que dans les plus part des États américains.

    Imaginer, une entreprise qui produit un train d’atterrissage pour la firme Boeing, elle tombe en grève, toute l’activité mondiale est arrêtée.

    Vous comprenez comment le futur investisseur est nerveux pour s’installer au Québec

    Votre blogueur: QuebecDroite

  • J. Hardy - Inscrit 23 septembre 2010 20 h 40

    N'importe quoi

    Monsieur Québec Droite,

    Vous illustrez avec brio pourquoi les employeurs qui utilisent des briseurs de grève ne sont pas pressés de négocier. Si tout baigne comme avant, à quoi bon répondre aux requêtes du syndicat? Qui plus est, les travailleurs de fortune sont probablement meilleur marché! On fait ce que l'on peut quand on est sans emploi.

    Ce n'est pas parce qu'une poignée de provinces et d'états américains fonctionnent encore à l'ancienne que l'on est obligé de rêver au passé.

    Si on se fit à la charge de travail des directeurs dans les entreprises, il semble qu’eux aussi en aient assez de l'exploitation et serait enclin à se syndiquer...

    Dans un milieu de travail sain, le syndicat fait un travail d'arrière-plan et tout baigne. Pierre-Karl Péladeau est loin de favoriser un tel milieu. C'est quand on sape dans son porte-feuille qu'il règle les conflits et seulement à ce moment là. Souvenez-vous du sabotage chez Videotron qui avait fait baisser les parts de la compagnie. Oui, il avait fallu en arriver là pour que ça se règle.