Médias - La Presse canadienne privatisée?

La Presse canadienne, quasi centenaire, est prête à renaître sous une autre forme.

L’agence de presse fondée en 1917 aurait conclu une entente de privatisation avec un trio d’acheteurs, Torstar (The Toronto Star), CTVglobemedia et Gesca (Le Soleil et La Presse). Il s’agit des trois plus importants membres de la coopérative aux prises avec de sérieuses difficultés financières.

L’information révélée hier par le site Web du Globe & Mail (une entreprise de CTVglobemedia) n’a été ni confirmée ni commentée officiellement. Selon cette nouvelle rumeur, le trio se divisera à parts égales l’agence rebaptisée Canadian Press Enterprises. Chacun des nouveaux propriétaires y injecterait «quelques millions».
L’agence bilingue, fondée par décret gouvernemental pendant la Première Guerre mondiale, permet aux médias membres d’échanger des informations. Sa structure coopérative facilite les rapports entre les sociétaires. La recapitalisation, si elle aboutit, devra nécessairement s’accompagner d’accords gouvernemental et syndical.
L’entente de privatisation est espérée pour octobre. La négociation des ententes collectives avec les employés a repris et pourrait aboutir le mois prochain. L’entreprise emploie 250 journalistes qui alimentent une centaine de quotidiens et plus de 500 stations de radio et de télévision.
Le Parlement a déjà accordé à la coopérative un délai de deux ans (jusqu’en janvier 2011) pour cesser de renflouer sa caisse de retraite accusant un déficit avoisinant les 35 millions de dollars, le temps de trouver de nouveaux investisseurs. L’entente de principe prévoit la prolongation du délai sur une période de 13 années. Le plan de sauvetage doit notamment être approuvé par le surintendant des institutions financières du Canada et le ministère des Finances.
L’agence a subi les contrecoups du départ de deux membres majeurs. L’entreprise Canwest (qui possède notamment le National Post et The Gazette) s’est retirée en 2007. Quebecor, qui publie Le Journal de Montréal, a quitté le service la semaine dernière, le 1er juillet. L’empire médiatique a développé sa propre agence de presse baptisée QMI.

Le Devoir