Médias - Impasse dans l'impasse à TVA

C'est «non, merci». Le syndicat des employés de TVA rejette l'offre dite de statu quo présentée par la direction pour régler l'impasse dans le renouvellement de la convention collective.

La décision s'appuie sur une volonté de «moderniser» la convention afin de l'adapter aux mutations profondes du travail dans le secteur, de protéger les emplois comme la diversité des sources d'information. Bref, pour le syndicat, c'est le statu quo et ce qu'il permet maintenant comme plus tard qui pose précisément problème.

«Rappelons-nous que le statu quo est en deçà de ce qui est acceptable si l'on veut maintenir nos emplois dans l'avenir», écrit aux membres le président du syndicat Réjean Beaudet, dans une lettre datée d'hier dont Le Devoir a obtenu copie. «Des changements technologiques majeurs ont lieu depuis plusieurs années et sont toujours en cours. [...] Ainsi, sans une modernisation de la clause de juridiction de notre convention, il n'y a pas de vrai engagement de TVA envers nous et des dizaines d'emplois pourraient s'envoler en fumée.»

La lettre parle aussi d'une «organisation du travail déficiente» où «la précarité devient la norme». Les employés temporaires constitueraient déjà 45 % de la force de travail à TVA Montréal. Le président Beaudet ajoute vouloir «garantir l'indépendance des salles de nouvelles par rapport aux sources extérieures, entre autres l'agence QMI».

La veille, mercredi, Pierre Dion, président et chef de la direction de TVA, écrivait aux quelque 800 syndiqués pour annoncer le dépôt d'une proposition de règlement. «Une proposition qui vise une reconduction intégrale (statu quo) de la présente convention collective pour une période de trois ans avec en plus des augmentations salariales selon l'indice des prix à la consommation (IPC) avec un minimum de 1,5 % et un maximum de 3 %», précisait le président Dion.

Les négociations devant un conciliateur ont été suspendues par la partie syndicale la semaine dernière, après 13 séances de travail jugées infructueuses depuis le début de l'année. Le Groupe TVA avait alors déposé des demandes prévoyant la fusion des salles de rédaction des chaînes LCN, TVA et Argent et l'exclusion des nouvelles plateformes de la convention.

L'offre patronale du statu quo évoque la nécessité de négocier une «paix industrielle» afin de «rester focalisé sur le développement de l'entreprise», numéro un dans son secteur. Le syndicat annonce une assemblée générale d'information «dans les prochains jours» afin de rediscuter de stratégie de négociation.