Rapport annuel du Devoir - Progresser malgré l'adversité

Dans Le Devoir, on trouve la réflexion, l’analyse et la mise en perspective des événements, toutes choses qui, en plus de fournir une information de qualité, permettent aux lecteurs de s’y retrouver dans la multitude d’informations instantanées qui leur sont proposées sur des supports de plus en plus nombreux.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dans Le Devoir, on trouve la réflexion, l’analyse et la mise en perspective des événements, toutes choses qui, en plus de fournir une information de qualité, permettent aux lecteurs de s’y retrouver dans la multitude d’informations instantanées qui leur sont proposées sur des supports de plus en plus nombreux.

On ne pouvait espérer conclure le premier siècle d'existence du Devoir de plus belle façon. Pour une autre année, notre journal a enregistré en 2009 des résultats financiers venant démentir tous les oiseaux de malheur qui, au cours de ses 100 ans d'existence, n'ont cessé de lui prédire le pire. Bien sûr, des difficultés financières récurrentes pouvaient laisser croire, en vertu d'une froide logique économique, que le journal fondé par Henri Bourassa finirait par baisser pavillon.

Envers et contre tous, il a tenu le coup, y compris en cette année 2009 que l'on prédisait être l'année de tous les dangers pour les journaux du monde occidental, confrontés à une dure récession économique et à la montée en puissance d'Internet. Le bénéfice d'exploitation de cette dernière année est de 1 161 741 $. Une fois soustraits des amortissements de 246 626 $, nous obtenons un bénéfice net de 915 115 $ qui donnera à notre entreprise davantage de sécurité.

Des revenus en hausse

Toutes les entreprises de presse prévoyaient un passage difficile en 2009 en raison de la récession. Aux baisses de revenus de diffusion qu'elles connaissaient déjà allaient s'ajouter inévitablement, croyait-on, des baisses de revenus publicitaires avec, à la clé, des diminutions significatives de bénéfices, voire des pertes. Le Devoir aura échappé à cette tendance. Les revenus ont globalement augmenté de 4,7 % par rapport à 2008. Ils s'établissent à 17 724 839 $.

Alors que la plupart des quotidiens tirent de 75 à 80 % de leurs revenus de la publicité, ceux du Devoir viennent à égalité de parts de la publicité et de la diffusion. Nous sommes ainsi moins vulnérables aux fluctuations de ce marché. Mais, chose remarquable, les recettes obtenues de l'une comme de l'autre ont connu une croissance au cours de 2009. Pour ce qui est de la diffusion, cela est le résultat d'une augmentation du tirage du Devoir tant pour nos éditions de semaine que pour celle du week-end.

Pour le semestre terminé le 31 mars 2010, les augmentations observées sont respectivement de 1,4 % et de 8,3 %, ce qui donne un tirage total de 28 860 exemplaires en semaine et de 48 039 exemplaires le samedi. Notre journal est à cet égard à contre-courant des tendances du marché des quotidiens au Canada. On trouve là une reconnaissance de sa qualité, ce qui n'est pas sans avoir un effet positif sur les revenus publicitaires. Le dynamisme de l'équipe des ventes publicitaires aura permis par ailleurs de contrer un marché baissier et d'atteindre les objectifs d'augmentation que nous nous étions fixés en début d'année.

Dépenses

Les dépenses ont de leur côté diminué de 1,5 % par rapport à 2008, pour se situer à 16 563 098 $. Si nous avons pu profiter de baisses du prix du papier au cours de la deuxième partie de l'année, ce qui a réduit nos frais d'impression, le contexte économique imposait d'exercer un contrôle encore plus serré que par le passé des budgets de dépenses de tous les services. Néanmoins, nous avons pu engager de nouvelles dépenses pour développer notre présence sur Internet, ceci tant en ressources humaines que par des investissements d'ordre technologique.

Nous avons ainsi procédé à la refonte complète de notre site Internet. Dès le lancement de la nouvelle version de LeDevoir.com en novembre, nous avons assisté à une augmentation du nombre de visiteurs uniques, qui n'a cessé de croître depuis pour s'élever à 700 000 par mois à la fin du premier trimestre de 2010. Le nombre de nos abonnés électroniques a aussi continué de croître.

Information de qualité

Ces résultats sont rassurants à plus d'un titre. D'abord parce qu'ils démontrent que ce journal a une place dans le marché de la presse quotidienne où il occupe un créneau, celui des journaux de qualité et de référence, qui est appelé à se développer. Dans Le Devoir, on trouve justement la réflexion, l'analyse et la mise en perspective des événements, toutes choses qui, en plus de fournir une information de qualité, permettent aux lecteurs de s'y retrouver dans la multitude d'informations instantanées qui leur sont proposées sur des supports de plus en plus nombreux.

Par ailleurs, les bénéfices réalisés cette année, ajoutés à ceux des années précédentes, nous donneront de nouveaux moyens pour remplir de façon toujours plus adéquate notre mandat, qui est d'informer. Les actionnaires, les dirigeants et les employés voient d'abord Le Devoir comme une entreprise de service public. La réalisation de bénéfices est ici davantage un moyen qu'une fin. Ces dernières années ont été consacrées justement à réaliser le redressement financier de Le Devoir inc. L'avoir des actionnaires est aujourd'hui redevenu positif. S'il s'agit d'une bonne nouvelle, cela ne nous autorise pas à présumer de l'avenir.

Rappelons que le déficit accumulé au cours des années 1990 n'est qu'en partie résorbé. Le marché de la presse quotidienne reste incertain et la pression sur les coûts de fabrication est élevée. La prudence demeure de mise car, journal indépendant, Le Devoir ne peut compter que sur ses propres ressources.

Perspectives d'avenir


Le monde de la presse écrite est confronté depuis déjà quelques années à de profondes mutations induites par les changements technologiques. Nombreux sont ceux qui prédisent la disparition des journaux sur papier. Néanmoins, la technologie est aussi au service de l'imprimé. Ainsi, depuis janvier 2009, Le Devoir est imprimé dans des ateliers équipés de presses de dernière génération où nous bénéficions d'une impression couleur de haute qualité. Nous avons pu aussi profiter de l'impression du journal à Québec, ce qui nous a permis de repousser l'heure de tombée et de proposer à nos lecteurs un journal plus complet. Nous avons par là obtenu des avantages concurrentiels qui ne sont pas sans lien avec l'augmentation de notre diffusion en 2009.

Les changements technologiques nous pousseront davantage vers le Web. La mise en place d'une nouvelle plateforme technologique pour LeDevoir.com en 2009 était pour nous une première étape. Nous ajouterons ces prochains mois de nouvelles fonctionnalités et enrichirons notre site Internet de nouveaux contenus. L'intégration de nos activités traditionnelles à celles que nous développons sur Internet sera en 2010 et pour les années suivantes au coeur de notre stratégie de développement.

Le Devoir sera certainement différent dans l'avenir de ce qu'il a été ces 100 dernières années. Il ne doit plus se voir comme un journal, mais comme une entreprise qui produit des contenus d'information diffusés sur plusieurs plateformes. Les résultats obtenus jusqu'ici montrent que nous sommes sur la bonne voie. Il ne faut toutefois jamais perdre de vue que la technologie n'est qu'un outil. La qualité de ses contenus est ce qui a toujours fait le succès du Devoir. Cela doit demeurer. Ce sont eux qui créent de la valeur. À cet égard, nous continuerons de défendre la stratégie de contenus payants sur le Web que nous avons adoptée il y a dix ans.

Une oeuvre collective


Les célébrations du centenaire amorcées le 10 janvier dernier auront permis de dresser le bilan des 100 ans d'existence du Devoir, de souligner la résilience de cette entreprise et de réfléchir à son avenir. Cela aura été l'occasion de signaler à quel point sa pérennité tient à une volonté collective de préserver le seul journal indépendant du Québec. Cette volonté est celle des lecteurs et des annonceurs; celle de ses employés qui, à toutes les époques, ont manifesté un engagement remarquable à son égard, à la rédaction comme dans tous les services; celle aussi de nos nombreux collaborateurs extérieurs et de nos partenaires commerciaux, dont Quebecor est le plus important; celle également de toutes ces personnes qui nous apportent leur concours actif au sein du conseil d'administration et au sein de l'association Les Amis du Devoir.

L'attachement de la société québécoise à ce journal s'est magnifiquement manifesté tout particulièrement à l'occasion de la fête du 10 janvier tenue au Marché Bonsecours. Cette rencontre exceptionnelle aura renforcé la volonté de poursuivre ce qui demeurera sans doute un combat constant. Il me faut remercier ici toute l'équipe des Amis du Devoir, Francine Leroux-Bérubé, Robert Pouliot, Michel Petit, parmi plusieurs, à qui nous sommes redevables pour le succès de ces célébrations.

Remerciements

Oeuvrer au Devoir est une forme d'engagement qui repose sur les valeurs que porte depuis toujours ce journal. On le retrouve dans tout le personnel de la maison, mais on me permettra de saluer mes plus proches collaborateurs: la rédactrice en chef, Josée Boileau, le directeur de l'information, Roland-Yves Carignan, la vice-présidente finances et administration, Catherine Laberge, le directeur des ventes publicitaires, José Cristofaro, le directeur de la production, Christian Goulet, le contrôleur, Stéphane Roger, et l'adjointe à la direction, Claudette Béliveau.

Je veux souligner aussi le dévouement remarquable de deux personnes: Jean-Robert Sansfaçon, qui a laissé l'été dernier la fonction de rédacteur en chef qui fut la sienne pendant dix ans pour se consacrer au rôle d'éditorialiste, puis Yves-L. Duhaime, qui a cumulé dix ans à la présidence du conseil, qu'il a dirigé avec souplesse et compétence. Il est remplacé à ce poste depuis l'automne par Jean Lamarre, dont la disponibilité nous est très précieuse.

***

Bernard Descôteaux - Directeur du Devoir
4 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 20 mai 2010 06 h 45

    Félicitations au «Devoir»!

    Continuez votre excellent travail.

  • Andre Vallee - Inscrit 20 mai 2010 08 h 53

    Le Devoir

    Mon journal préféré depuis 60 ans. J'avais une carte des amis du Devoir signée par Pierre Laporte. Je regrette de l'avoir jetée, alors.
    Le Devoir est à notre conscience sociale ce que Desjardins est à nns finances collectives et individuelles: confiance. Espérons que la Caisse de dépôts et de placements récupérera sa crédibilité.
    Merci et félicitations à l'équipe du Devoir.

  • Jean-Charles Panneton - Inscrit 20 mai 2010 10 h 28

    Bravo pour les innovations technologiques !

    Bravo pour ce nouveau site Internet ! Je le consulte régulièrement. Tout autant que la papier !

    À quant une application pour les iPhones ?

    Jean-Charles Panneton
    Abonné

  • Benoît Munger - Modérateur 20 mai 2010 10 h 56

    Le Devoir adapté au iPhone

    M. Panneton, juste un mot pour préciser que si Le Devoir n'a pas encore d'application autonome pour le iPhone, ce qui viendra dans un avenir prochain, il offre en attendant une version adaptée aux téléphones intelligents. Il suffit d'utiliser cette adresse à partir de son iPhone: http://m.ledevoir.com