Médias : Radio-Gesca? Connais pas...

Radio-Canada nie favoriser la participation massive de journalistes et de chroniqueurs de La Presse, propriété du Groupe Gesca, à ses émissions de télévision et de radio.

«Nous, on considère qu'il y a une diversité tout à fait défendable chez nos collaborateurs», dit Nathalie Moreau, chef, relations de presse et promotion télévision et information de Radio-Canada (RC).

Elle ajoute que la société publique n'a «aucune entente avec Gesca» sur ce point précis et n'en a d'ailleurs jamais eu. Un accord datant de 2001, révolu, ne portait que sur les «échanges promotionnels» entre les deux entreprises.

«Il n'y a pas de collusion corporative», résume Mme Moreau. Elle souligne que la participation des journalistes aux émissions demeure la prérogative des producteurs et des réalisateurs.

L'accusation de collusion a été formulée dans une chronique intitulée Ici Radio-Gesca, publiée la semaine dernière par Sophie Durocher dans le quotidien gratuit 24 heures. La Presse appartient au Groupe Gesca et 24 heures appartient à Quebecor, grand rival de Radio-Canada (avec TVA), de La Presse (avec Le Journal de Montréal) et de Métro (un autre gratuit copropriété de Gesca).

«Ils sont partout», écrivait Mme Durocher, une employée de Quebecor, en parlant d'un «nombre astronomique de journalistes/chroniqueurs de La Presse» vu ou entendu à Radio-Canada. «Dans les émissions d'information, d'affaires publiques, aux nouvelles, dans les quiz, les spectacles de variétés et même les émissions de cuisine!»

«Mme Durocher fait une recension bien sélective des collaborateurs de Radio-Canada», commente encore Nathalie Moreau, de Radio-Canada. «Dans son article, elle nomme [les collaborateurs] qui viennent de Gesca, mais elle ignore les autres, et il y en a beaucoup, qui viennent de différents horizons.»

La relationniste rappelle alors que «juste à la radio», des journalistes du Devoir participent aux émissions matinales de la semaine et du week-end, à L'après-midi porte conseil, à Vous m'en lirez tant et à La Tête ailleurs (c'est le cas de l'auteur de ces lignes). Elle ajoute que les experts de RC sont aussi beaucoup sollicités, par exemple Michel C. Auger en politique ou Gérald Filion en économie.

«Nous, on investit dans la qualité», dit à son tour Caroline Jamet, vice-présidente aux communications de Gesca. Une publicité parue hier dans La Presse rappelait que ce quotidien est le plus cité à la radio et à la télévision au Canada, devant le Globe and Mail et Le Journal de Montréal. «La Presse rayonne. Ses informations sont reprises partout. Nous avons une grande salle de nouvelles et de très bons communicateurs. Il est donc normal qu'ils se retrouvent partout.»

Partout, sauf, dans les médias de Quebecor, observe malicieusement Mme Jamet. Dans sa chronique, Mme Durocher jugeait «plus pernicieuse» la convergence entre RC et La Presse qu'entre les différentes filiales de Quebecor, où cela converge effectivement à qui mieux mieux.

Mme Moreau répète finalement que cette question de la provenance des collaborateurs n'intéresse «pas du tout» le public. «Les gens veulent du contenu diversifié.»

Radio-Canada a reçu cinq plaintes de citoyens, entre 2007 et 2009, au sujet de ces présumés rapprochements avec La Presse. L'ombudsman n'a pas été appelé à intervenir dans ces dossiers.
4 commentaires
  • Francois Laforest - Abonné 11 mai 2010 14 h 47

    Ouf! heureusement qu'il n'y a pas d'ententes commerciales mais...

    Mais, Le groupe Power Corp. via sa filiale GESCA voulait Le Soleil de Québec: c'est fait avec les petits hebdomadaires régionaux en prime. Le groupe Power Corp. voulait faire main basse sur la SRC et même mettre de l'avant un monopole télévisuel (Les parents, par exemple, et même louer des locaux de productions à télé-Québec ) et casser la Caisse de dépôt c'est fait.
    Le franco-Ontarien peut bien se faire appeler le «Québécois» Paul Desmarais, comme entendu récemment sur les ondes de la CBC-Radio-One, depuis que la famille à pignon sur rue dans Charlevoix, néanmoins, le tandem Chrétien-Power Corp. n'a pas la cote auprès des conservateurs. Mais. personne ne semble s'en plaindre parce que «que voulez-vous» la qualité est au rendez-vous !
    Faut bien saluer quelque part l'intelligence et le dynamisme de ce groupe d'investisseurs.

  • Raymonde Chouinard - Inscrite 11 mai 2010 15 h 55

    Le potinage de TVA...

    Sophie Durocher prêche pour sa paroisse et Martineau....que l'on voit partout, à s'en écoeurer. Heureusement qu'il y a Radio-Canada et RDI pour nous dispenser une information non-partisane, exempte de potinages, dignes de "Nouvelle et potins", avec Larocque-Lapierre, Bruneau

  • Chu Chai Brunelle - Inscrit 20 mai 2010 11 h 20

    Il n'y a pas que ceux prêchant pour leur paroisse qui en parlent.

    @Raymonde Chouinard: Mais il y a plusieurs personnalités et journalistes, indépendants, tels que Patrick Bourgeois du journal Le Québécois, qui se sont prononcés sur le sujet et qui s'acharnent à dénoncer cette collusion entre Radio-Canada et Gesca. Par ailleurs, un autre article de Stéphane Baillargeon qui nous rapporte que même le syndicat des travailleurs de l'information à Radio-Canada dénonce la situation, nous démontre que la situation est bien réelle. De plus, croire que Radio-Canada n'offre strictement que de la nouvelle non-partisane est un leurre...

  • Julienne Barre - Inscrit 26 mai 2010 11 h 21

    Tout le monde veut des comptes de CBC-Radio Canada.

    Je vous invite à prendre connaissance de l'article du site du Globe