Médias - La Presse canadienne serait sur le point d'être achetée

La Presse canadienne, une agence quasi centenaire, a perdu de gros clients et sa caisse de retraite accuse un sérieux déficit actuariel. D'où l'intérêt pour une possible recapitalisation par trois gros joueurs médiatiques canadiens.

Les bons jeux sont-ils bien faits? La Presse canadienne (PC) aurait réussi à convaincre un consortium de médias à la suivre dans la grande mutation en cours pour faire de la coopérative une entreprise privée.

La rumeur persistante veut que Gesca, propriétaire de La Presse, et Trostar, qui possède le Toronto Star, et le groupe Black Press de la côte ouest deviennent les nouveaux partenaires d'affaires de l'agence de presse réinventée. Ce sauvetage par la vente de soi irait dans l'ordre des choses puisque les trois compagnies figurent déjà parmi les principaux sociétaires (et bénéficiaires) de la Presse canadienne, avec CTVglobemedia et Médias Transcontinental.

Les négociations ont cours depuis des semaines. L'imminence d'une entente a été évoquée avant-hier par le chroniqueur Don Martin, du National Post, sur son compte Twitter.

Elle n'a été ni confirmée ni démentie par les principaux intéressés. Caroline Jamet, vice-présidente aux communications du groupe Gesca, a refusé hier de commenter l'information. Le porte-parole de la Presse canadienne, Rick Morisson, lui, n'était «pas disponible».

L'agence a été mise en place par une loi des Communes en 1917 dans le but de faciliter les échanges de nouvelles entre les médias membres. Le service français de la coopérative sans but lucratif existe depuis 1952.

L'entreprise vit une grande mutation depuis environ un an. Son statut juridique a été modifié pour en faire une entreprise privée contrôlée par ses employés et des sociétaires intéressés. Cette transformation permettrait par exemple de vendre les services à la pièce et d'amasser des fonds pour le développement, ce que ne permet pas le cadre rigide de la coopérative.

Seulement, des médias membres, il en reste moins. Le petit Devoir y est toujours, mais Canwest et ses 13 quotidiens ont quitté le navire en 2007. Quebecor et sa filiale Sun Media s'en retireront dans quelques semaines, en juin. Une agence interne, baptisée QMI, permet déjà l'échange de textes entre les composantes de l'entreprise médiatique.

La situation financière de la PC est également ébranlée par un déficit de plusieurs millions du régime de retraite des employés. Il y manquerait une trentaine de millions, et l'organisme a jusqu'au 30 juin pour régulariser sa situation.

***

Rectificatif du 30 avril 2010: Ce n'est pas le groupe Trostar (qui possède le Toronto Star) mais bien le Globe and Mail qui souhaiterait acquérir la Presse canadienne. Le Globe fait partie d'un consortium comprenant aussi le Groupe Gesca (propriétaire de La Presse) et Black Press, un petit empire médiatique de la côte ouest.