Médias - Pressions et compressions chez Gesca

Pendant que se poursuivent les négociations dans les journaux du groupe Gesca des régions et de la capitale, La Presse s'impose des mesures de restriction. Le quotidien de Montréal doit comprimer d'un million de dollars les dépenses liées à sa salle de rédaction.

La direction envisage notamment de cesser la publication autonome du cahier Arts et spectacles du lundi au vendredi, selon les informations obtenues par Le Devoir. Les pages culturelles seraient réduites en nombre et intégrées au premier cahier. La solution du regroupement a déjà été appliquée périodiquement, autour des fêtes de fin d'année et l'été dernier.

Deux postes de surnuméraire de la section culturelle seront transférés au secteur général. Par ailleurs, trois journalistes devraient prendre leur retraite anticipée et ne seront pas remplacés.

«Ces mesures ne sont pas nouvelles, explique un porte-parole syndical. Elles découlent de la mise en oeuvre de la convention collective signée en décembre.» Il précise que le transfert de postes, à ne pas confondre avec leur élimination pure et simple, respecte les clauses négociées. De même, le programme de mise à la retraite se trouve balisé par la convention.

Les représentants des syndiqués des autres journaux du groupe Gesca (le G6 pour les intimes) ont fait le point sur leurs propres négociations avant-hier. Ils ont décidé de moyens de pression communs qui pourraient être appliqués dans les prochaines semaines.

Le Nouvelliste, Le Droit, Le Soleil, Le Quotidien, La Voix de l'Est et La Tribune veulent regrouper leurs négociations autour de sept enjeux partagés allant des augmentations salariales aux nouvelles technologies de production et de diffusion de l'information. La direction refuse toujours cette proposition et préfère continuer les pourparlers locaux sur l'ensemble des questions.

Au Soleil par exemple, l'offre patronale demande un retour à la semaine de travail de cinq jours et une hausse du nombre d'heures travaillées chaque semaine. Les salaires seraient gelés pour deux ans.

Le Nouvelliste et La Voix de l'Est posent des problèmes particuliers, les contrats de travail étant échus depuis 2007. Les syndiqués exigent de bénéficier de hausses salariales pour 2008 et 2009 avant de discuter d'éventuelles concessions. Les autres syndicats du G6 sont solidaires de cette demande. La direction veut plutôt passer l'éponge jusqu'en 2010 et offre une hausse de salaire de 2 % pour les deux années suivantes.

Certaines négociations portant sur les enjeux locaux sont pratiquement terminées, par exemple au Quotidien de Chicoutimi. Le syndicat des journalistes de La Tribune déposera sa proposition de plateforme le 21 mars.