Journal de Montréal - Une campagne d'appui pour les employés en lock-out depuis 400 jours

Le chiffre est rond et la détermination, intacte. À l'occasion du 400e jour de lock-out au Journal de Montréal, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a décidé hier de lancer une campagne pour soutenir les 253 employés de Quebecor toujours sur le trottoir. Avec une publicité, une pétition en ligne ainsi que le projet d'interpeller les élus provinciaux et fédéraux, le groupe syndical espère ramener la partie patronale à la table des négociations pour mettre fin à «un véritable drame humain».

En conférence de presse, Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, a également demandé à Québec «d'entrer en scène» afin de dénouer la crise. «Quatre cents jours plus tard, le gouvernement devrait mettre ses culottes et agir en conséquence», a ajouté Raynald Leblanc, président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal.

La campagne de soutien repose en partie sur le placardage dans la ville d'affiches qui dénoncent l'intransigeance de Quebecor dans ce conflit. À ce jour, quatre tentatives de ramener l'employeur à la table sont restées lettre morte, a rappelé le syndicat hier. L'affiche dévoilée hier montre donc un cadenas et un slogan: «Le quotidien francophone le plus fermé en Amérique».

La CSN propose une pétition en ligne qui, tout en dénonçant l'enlisement des pourparlers, appelle au retour des négociations. «Nous sommes face à des relations de travail qui relèvent d'une autre époque, a dit Mme Carbonneau. On ne peut plus tolérer que Quebecor se comporte comme s'il était aussi dessus de la législation québécoise.»

La présidente de la CSN a par ailleurs rappelé qu'un appel a été lancé à Sam Hamad, ministre du Travail, afin qu'il intervienne «pour rééquilibrer le rapport de force». La centrale souhaite aussi sensibiliser l'ensemble des politiciens au drame que vivent les 253 employés du Journal.

La partie patronale a vivement réagi en fin de journée, hier. Elle estime que le syndicat et la centrale «se livrent à des attaques trompeuses contre Quebecor» lorsqu'ils affirment que l'entreprise ne respecte pas les lois du travail. «La légalité du mode opératoire de Quebecor a été reconnue à maintes reprises par plusieurs tribunaux, dont la Cour supérieure du Québec», a indiqué Quebecor dans un communiqué. L'entreprise estime que c'est plutôt le syndicat qui bafoue des lois, rappelant un épisode en juillet où le syndicat a défié une injonction en entrant dans les locaux du Journal.

Rappelons que cette semaine, le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est actionnaire à 45,23 % de Quebecor Media, a réaffirmé qu'il rencontrerait les employés du Journal de Montréal au début de mars. Mais pas question d'intercéder en leur faveur auprès du grand patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, a précisé le président

Michael Sabia. «Ce n'est pas à nous d'intervenir dans les négociations et les relations de travail.»
3 commentaires
  • Raymonde Chouinard - Inscrite 27 février 2010 15 h 30

    POURQUOI...

    Pourquoi le gouvernement devrait-il s'immiscer dans un conflit initié par le syndicat. Le parti libéral n'est pas dirigé par le SPQ comme au PQ.

    C'est au syndicat d'éteindre le feu qu'il a allumé; PKP n'est pas en guerre contre les syndiqués mais avec leur syndicat à qui il ne concède, et avec raison, aucun droit de gérance dans son entreprise.

    Le lock out a été provoqué par les demandes syndicales inaceptables aux yeux du patronat qui a quand même un certain droit de regard sur l'administration de son entreprise. Les employés du Journal vivaient très bien et ne crevaient pas de faim avant le lock out; s'il y a drame humain aujourd'hui. la situation est imputable au syndicat qui a entraîné les employés dans cette galère.

    Les relations de travail se sont irrémédiablement déteriorées en raison du comportement extrêmistes de certains syndiqués, encouragés par leur syndicat, et maintenant, c'est l'ensemble des syndiqués qui en paient le prix.

    Certains de ceux qui étaient éligibles à la retraite, ont décidé de la prendre et de déserter les lignes de piquetage; c'était une sage décision de leur part.

    C'est dommage car les clauses qui étaient encore négociables au début du conflit, ne le sont plus maintenant car la position de Québécor s'est durcie et il semble être en mesure de se satisfaire de l'équipe de journalistes en place qui assurent actuellement la diffusion du Journal de Montréal.

    Personne n'est irremplaçable et c'est ce qui survient lorsqu'un conflit perdure et, malheureusement, c'est toujours au détriment des syndiqués. Mme Charbonneau peut bien se faire aller les baguettes en l'air, elle ne s'attire aucune sympathie de la part de tous ceux qui ont perdu leur emploi, suite à la récession. Elle a allumé un feu, c'est à elle de l'éteindre.

    Les travailleurs qui ne bénéficient pas le la sécurité d'emploi n'en ont rien à cirer des simagrés des syndicats et je n'ai pas l'impression que ces derniers jouissent de la cote d'amour auprès de l'ensemble des citoyens, non-syndiqués, qui en ont marre de se faire dépouiller au profit des biens-nantis du système public pour faire vivre leurs syndicats.

  • Abdel Hamdi - Inscrit 28 février 2010 07 h 02

    Parce que...

    @ Raymonde Chouinard

    Quelques faits à rétablir:

    Le conflit n'a jamais été initié par le syndicat. On aurait appelé cela une grève.

    Le lock out ne vous en déplaise, à été déclenché par Péladeau et non par les syndicats.
    Ce sont les 232 demandes patronales qui sont inacceptables. J'aimerai avoir votre position si votre employeur vous demandais 232 concessions, toutes plus humiliantes les unes que les autres.
    Je vous rappelle aussi que le syndicat est autonome dans ces décisions et que c'est l'ensemble des membres qui prend des décisions et non LE SYNDICAT comme vous le dîtes.
    Vous ajoutez que l'équipe de JOURNALISTES en place assure la diffusion du journal: tiens! tiens! il me semblait que c'était les cadres qui faisaient cela. Sinon ce sont des scabs qui font le travail des lock outés.
    Enfin vous terminez votre diatribe antisyndicale en laissant sous entendre que les travailleurs syndiqués jouissent tous de la sécurité d'emploi et que ce sont des privilégiés: là encore je m'inquiète de telles affirmations.
    Vous vous souvenez sans doute du restaurant B'ENS? Ces syndiqués ont fait une grève pour améliorer leurs conditions de travail: avoir du chauffage l'hiver, du savon pour le lave vaisselle et du papier toilettes etc… Cela ne se passait dans les années 40.

    Je m’inscris en faux contre des affirmations gratuites et contre des clichés passés date.

  • Raymonde Chouinard - Inscrite 28 février 2010 10 h 35

    Un cliché.....

    Vous vous souvenez sans doute du restaurant B'ENS? Ces syndiqués ont fait une grève pour améliorer leurs conditions de travail: avoir du chauffage l'hiver, du savon pour le lave vaisselle et du papier toilettes etc… Cela ne se passait dans les années 40 (Abdel Hamdi)
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    Si les conditions étaient si exécrables, les employés n'avaient qu'à changer d'emploi. Ils n'étaient pas attachés et ne portaient pas une camisole de force à ce que je sache. Le résultat est souvent le même, suite à une grève, les employés perdent leur emploi en raison de la fermeture de l'entreprise.

    La publication du Journal est assurée par les employés non-syndiqués, soient par les cadres-journalistes et les pigistes .... car il n'est pas interdit aux journalistes d'occuper une fonction de cadre qui ne leur enlève pas leur compétence journalistique.

    Pour ce qui est du lock out, il a été initié par Péladeau avant que le syndicat ne déclenche une grève. J'ai déjà été syndiquée et ce n'est pas l'ensemble des syndiqués qui décident mais une petite clique qui intimident les autres travailleurs, ne serait-ce que par la pratique du vote à main-levée.

    Ce ne sont pas tous les syndiqués du Journal qui souhaitaient la grève....et vous ne pouvez me prouver le contraire mais ce sont eux qui actuellement perdent leur maison, à défaut de ne pouvoir payer leur hypothèque, et qui s'endettent pour faire vivre leur famille. Aucune augmentation de salaire ne pourra combler ce qu'ils ont perdu à date et ils risquent, en plus, une perte d'emploi définitive parce que le syndicat veut poursuivre une partie de bras de fer avec le patronat.