Médias - Six journaux de Gesca négocient avec leurs employés

C'est reparti. Les quotidiens régionaux réputés profitables, contrairement à La Presse, offrent des augmentations salariales tout en exigeant des concessions pour «rationaliser les effectifs». Les moyens de pression ont commencé.

Pendant que le lock-out se poursuit au Journal de Montréal, les employés des journaux du Groupe Gesca (sauf La Presse) poursuivent les négociations pour le renouvellement de leurs conventions collectives. Certains syndicats ont déjà mis en branle des moyens de pression, et tous font front commun autour d'enjeux partagés.

Les journalistes du Quotidien ont accordé à leur syndicat la possibilité de déclencher une grève. Ceux du Nouvelliste (sauf les chroniqueurs) ne signent plus leurs textes depuis la semaine dernière. Leurs collègues de La Voix de L'Est ont retiré leur signature pour une seule édition, mais ont appliqué d'autres moyens de pression.

Le Groupe Gesca, la branche médiatique de Power Corporation, regroupe sept journaux: Le Nouvelliste, Le

Soleil, Le Droit, Le Quotidien, La Voix de L'Est, La Tribune et La Presse. Ce dernier, navire amiral de la flotte de quotidiens, a imposé des concessions d'horaire et de salaires à sa salle de rédaction l'automne dernier. Un ultimatum menaçait de fermeture le quotidien qui perdait deux millions par mois, selon la direction.

Gesca admet que malgré la crise structurelle et conjoncturelle, ses six quotidiens régionaux demeurent profitables. Le sextuor (le «G6», pour les initiés) regroupe 12 syndicats affiliés CSN et FTQ totalisant environ 750 employés de la rédaction, de la publicité, de la production et de bureau. L'entente intersyndicale porte sur sept points communs, allant des augmentations salariales à la production et la diffusion dématérialisées.

Le Nouvelliste et La Voix de L'Est posent des problèmes particuliers. Les syndicats n'ont pas renégocié de contrat de travail depuis la fin de 2007. Les conventions collectives des cinq autres journaux ne sont échues que depuis le début de la présente année. Les syndiqués de Trois-Rivières et de Granby veulent obtenir des augmentations pour 2008 et 2009 avant de négocier les nouvelles ententes. La direction souhaite plutôt passer l'éponge pour ces deux années, n'offre aucune augmentation en 2010 et 2 % en 2011 et 2012.

Le G6 a prévenu que les pourparlers devaient d'abord régler les arrérages avant de passer au reste des négos, en bloc, du moins sur les sept points communs. «Nous avons décidé de regrouper nos forces pour faire face à une grande entreprise qui centralise les décisions», résume un chef syndical.

Un des enjeux majeurs des pourparlers concerne d'ailleurs la «rationalisation» des effectifs. Gesca veut regrouper certains emplois à Montréal et à Québec pour profiter d'économies d'échelle. Quebecor entend appliquer la même stratégie d'affaires au sein de tous les maillons de sa chaîne médiatique, y compris la production d'information.

Notons en terminant que le syndicat des journalistes du Devoir entamera bientôt ses propres négociations. Sa convention est échue depuis le début de l'année et une première réunion de groupe avait lieu hier matin pour discuter du florilège des demandes syndicales.