Médias - Le Réveil brutal

Les employés de l'hebdomadaire Le Réveil ont accepté l'offre finale du propriétaire Quebecor après cinquante semaines de conflit. La direction menaçait de fermer le journal du Saguenay au premier anniversaire du lock-out, début mars, en cas de rejet de la proposition finalement entérinée lundi dans une proportion de 68 %.

L'ultimatum impose une saignée des emplois. Le travail de dizaines d'employés de bureau, de graphistes et des pressiers est aboli, du moins dans la région. Vingt des vingt-cinq membres du Syndicat des travailleurs des éditions du Réveil (STER, affilié CSN) perdent leur emploi, tous sauf les trois journalistes et les deux commis à la rédaction.

L'entente prévoit des indemnités de séparation pour les nouveaux chômeurs. L'indemnité de deux semaines de salaire par année d'ancienneté pourra atteindre un maximum de 42 semaines. L'employeur versera aussi 100 000 $ dans un fonds de délocalisation des employés.

«Nous avions le choix entre perdre nos jobs avec ou sans prime, dit au Devoir la journaliste Dominique Savard, présidente du STER. Nous sortons malgré tout la tête haute de ce conflit où David luttait contre Goliath. Nous avons fait face à un puissant empire de presse. Je crois que nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli.»

Un conflit de travail se poursuit au Journal de Montréal, une autre publication de Quebecor. «L'empire veut imposer le même modèle d'affaires partout, en nivelant par le bas, commente Mme Savard. Le Journal de Montréal en lock-out est produit par 40 personnes et l'agence QMI. Dans notre nouvelle convention, nos textes peuvent être publiés n'importe où.»