Le Devoir, c'est moi - Des débats en famille aux plaidoiries de la défense

Pierre Poupart, qui lit Le Devoir depuis qu’il est âgé de 10 ans, est l’un des avocats de la défense les plus connus, les plus respectés et les plus redoutés de sa profession.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Pierre Poupart, qui lit Le Devoir depuis qu’il est âgé de 10 ans, est l’un des avocats de la défense les plus connus, les plus respectés et les plus redoutés de sa profession.

Faire partie du Devoir, c'est y travailler, l'appuyer, le lire assidûment. De cette communauté, qui s'est construite depuis 100 ans, nous avons retenu quelques portraits. Chaque lundi, jusqu'en décembre, nous vous présenterons un lecteur, une lectrice, du Québec comme d'ailleurs, abonné récent ou fidèle d'entre les fidèles. Aujourd'hui, nous vous présentons un avocat qui a littéralement grandi avec nous!

Petit Pierre a commencé à lire Le Devoir dès l'âge de 10 ans, en 1957, à l'époque où le Spoutnik était propulsé en orbite et où la grève des travailleurs de Murdochville déchirait le Québec.

Le petit Pierre a vieilli. Il en mène aujourd'hui très large dans les couloirs de la justice. Pierre Poupart est l'un des avocats de la défense les plus connus, les plus respectés et les plus redoutés de sa profession. Il compte parmi ses clients (passés et présents) le cardiologue Guy Turcotte, accusé du meurtre de ses deux enfants, des membres présumés des Hells Angels, et deux ressortissants basques accusés de terrorisme par les autorités espagnoles.

Le jeune Poupart n'inspirait pas l'admiration de ses camarades quand il lisait ce journal réputé «plate et sérieux». «Je passais pour un fou. Ça faisait très sérieux qu'un ti-cul de 10 ans se promène avec Le Devoir, surtout qu'il n'y avait pas de sport!», lance-t-il en riant.

Ce journal, c'est une affaire de famille chez les Poupart. Le père et le grand-père étaient de fidèles lecteurs. Me Poupart et ses frères ont grandi dans un environnement propice à la discussion politique. Farouchement anti-duplessiste, Roger Poupart valorisait la démocratie et son corollaire, le débat d'idées, jusqu'à la table à dîner avec ses fils. «C'était quelqu'un qui adorait provoquer ses enfants pour que la polémique surgisse et soit nourrie. Il provoquait la discussion, et il nous donnait une liberté de parole considérable», explique Pierre Poupart.

Me Poupart et deux de ses frères sont devenus avocats de la défense à la suite d'un mauvais tour du destin. Leur père, comptable agréé, a été gravement blessé par un policier lors d'un vol à main armée à la Slater Shoe, en 1962. Tenu en respect par la mitraillette d'un voleur, le père Poupart n'a pas été en mesure d'éviter les tirs à la volée du policier Lafortune. L'affaire a fait grand bruit et elle s'est conclue par un arrêt de la Cour suprême, prononcé en 1973 dans Poupart c. Lafortune. La Cour a jugé qu'un policier ne pouvait être tenu responsable des blessures subies par une innocente victime dans le cadre d'une opération.

La tragédie familiale des Poupart a permis de baliser l'article 24.5 du Code criminel sur l'usage de la force. Comme le dit si bien Pierre Poupart, nul besoin de coucher ses frères et lui sur le sofa d'un psychiatre pour comprendre leurs motivations profondes à exercer la profession d'avocat de la défense.

Ce choix de carrière cause parfois remous et malaises au sein de la population. Les criminalistes sont souvent perçus comme de vils capitalistes au volant de rutilantes voitures, prêts à défendre l'indéfendable pour autant que leurs clients soient fortunés. L'avocat de la défense, c'est d'abord et avant tout le dernier rempart de la société civile contre l'arbitraire de l'État. Combien d'enquêtes bâclées et de poursuites mal intentionnées se sont brisées sur les arguments persuasifs d'un bon avocat?

«Pour moi, il n'y a rien de plus important que la préservation des droits et libertés, à part la vie et la santé. Le combat pour la présomption d'innocence, ça peut avoir l'air très chevaleresque et Don Quichotte, mais j'y crois profondément», affirme Pierre Poupart.
3 commentaires
  • Madeleine Lemay - Inscrit 10 mai 2011 01 h 16

    Dr. Guy Turcotte

    Bonsoir Maître Poupart,

    Laissez-moi d'abord me présente brièvement. Je suis une mère de famille monoparentale de trois enfants d'âge adulte et grand-mère de 2 petits-enfants de 3 et 3ans et demi. Je suis évidemment bouleversée par les témoignages entendus dans ce procès. Par contre, je ne peux qu'être plus que compatissante envers le Dr. Turcotte dans les circonstances dramatiques entourant sa séparation.

    Je voudrais pouvoir entrer en contact avec Dr. Turcotte. Je voudrais pouvoir lui exprimer mon désarroi et ma compassion de sa situation, de son état de détresse pour des actes posés dans un état de détresse mentale extrême. Je peux comprendre puisque je suis moi-même passé par une détresse extrême dans ma première situation de séparation, étant enceinte de mon 3e enfant qui est aujourd'hui ingénieure et que j'ai pensé faire avorter.

    Je suis horrifié par les commentaires de la plupart des gens sur les systèmes de communications sociaux. Ils ne savent pas ce que c'est que d'ëtre en détresse affective et mentale. C'est un enfer indescriptible.

    Je voudrais pouvoir commuiquer avec Dr. Turcotte. Je voudrais pouvoir lui dire combien j'ai une peine profonde pour ce qu'il vit. Je suis terriblement peinée de ces événements atroces.

    Aussi, je voulais vous dire qu'il m,est inconcevable qu,un cardiologue commette ces crimes de sang-froid sur sa progéniture qu'il dit aimer sans être en proie à une expérience de démence ou de folie extrême. Un cardiologue est formé pour soigner et guérir sans faire souffrir de là l'incomprhénsion de torturer ses propres enfants à cause de sa souffrance psychologique.

    Espérant entendre parler de vous,

    En toute sincérité et solidarité dans une cause de tristesse profonde,

    Madeleine LeMay
    56A, boul. Sacré-Coeur
    Gatineau, Québec
    J8X 4B9
    819-776-9653

  • Marie-Claude St-Hilaire - Inscrit 5 juillet 2011 18 h 51

    Non mais sur quel planète vous vivez ?

    Je n'en reviens tout simplement pas de ce que je viens de lire. Est-ce que vous avez suivi le même procès que le reste du Québec pour écrire de tel absurdité ? On parle d'un homme qui a tué et éventré ses 2 enfants à coup de couteaux et vous vous parlez d'avortement ! Justement, malgré votre détresse vous avez décidé de laisser vivre votre enfant qui était encore seulement un foetus en renonçant à l'avortement, Là nous parlons de 2 enfants de 2 et 5 ans qui ont souffert le marthir et qui ont été assasiné par leur père.
    Il a lui même avouer d'entendre son fils agonisser pendant qu'il tuait son deuxième enfant. Il était assez consient pour ne pas vouloir se poignarder par peur de souffrir mais a assez de courage pour massacrer ses 2 enfants. Ma foi du bon Dieu de quelle planète vivez-vous pour vouloir sympatiser avec cet homme ?

    Ce n'est pas le premier couple qui se sépare et que un des deux conjoints rencontre une autre personne avant de mettre un terme à sa relation conjugale. Il a voulu se venger de Madame Gaston en touchant à ce qu'elle avait de plus précieux au monde et voulait s'assurer qu'elle souffre autant que lui souffrait de voir l'image de la famille parfaite se défaire.

    Il avait et surtout travaillait dans un milieu ou ils avaient des ressources pour lui venir en aide.

    Pensez un instant à tous ces drames familiales, à tous ses enfants tués suite à la séparation de leur parent. Ce n'est pas normal peu importe l'état de la personne. Au nombre de personne qui font des dépressions par années, si il fallait qu'ils commettrent tous un meutre il n'aurait plus grand monde sur la terre.

    Si cet homme avait été un étranger fou, un délinquant dangereux, sous l'effet de drogues dures quel aurait été votre message Madame Landry ? Auriez-vous été aussi compréhensive et compatissante ?

    MC

  • Cdag - Inscrit 6 juillet 2011 13 h 24

    Appuie de Madame Lemay

    Bonjour Me Poupart et Madame Lemay,

    Je pense également que les commentaires sont très dur envers Monsieur Turcotte, qui sommes nous pour juger les gens.
    Félicitation à Me Poupart pour son dévouement et le procès de monsieur Turcotte.

    J'aimerai dire à Monsieur Turcotte que la vie ne sera pas facile pour lui, mais il faudra passer au travers, pour lui et ses parents.

    Il est vrai qu'il n'avait pas le droit d'enlever la vie de ses enfants, mais est-ce que son ex avait le droit de le blesser comme elle à fait ?
    Une rupture c'est difficile à vivre, mais quand on sait que sa conjointe couche avec son amant dans son propre lit, c'est innexplicable.

    Je souhaite à Guy Turcotte une vie normal, un soutien moral et de vivre sa vie du mieux qu'il le peut.

    Merci !