Un coin de Scandinavie

Tous les matins, Sigrid Simonsen se fait une grande tasse de thé et consacre de longs moments à la lecture de son Devoir.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Tous les matins, Sigrid Simonsen se fait une grande tasse de thé et consacre de longs moments à la lecture de son Devoir.

Faire partie du Devoir, c'est y travailler, l'appuyer, le lire assidûment. De cette communauté, qui s'est construite depuis 100 ans, nous avons retenu quelques portraits. Chaque lundi, jusqu'en décembre, nous vous présenterons un lecteur, une lectrice, du Québec comme d'ailleurs, abonné récent ou fidèle d'entre les fidèles. Cette semaine, nous brossons le portrait d'une Norvégienne installée à Montréal depuis la fin des années 1970.

Quand on entre chez Sigrid Simonsen, on éprouve la nette impression de se retrouver dans un coin d'Europe. Nous sommes bel et bien dans l'est de Montréal, mais un petit bout de Scandinavie s'offre à nous.

Sigrid Simonsen a 19 ans et vient de terminer ses études classiques lorsqu'elle décide de quitter sa Norvège natale. Elle a grandi à Halden, une petite ville située à proximité de la frontière suédoise. «J'aimais les langues et j'avais envie de voyager, raconte-t-elle. J'ai fait ce que beaucoup de jeunes là-bas font» et elle a déniché un poste de jeune fille au pair dans une famille germanophone de Genève. Elle a déjà des notions d'anglais, de français et d'allemand, apprises à l'école, et elle ne sait pas encore que le destin la conduira par-delà l'Atlantique.

Aux États-Unis

Trois mois après l'arrivée de Sigrid en Suisse, le père de famille, qui travaille en physique nucléaire, décroche un contrat à Long Island. La jeune femme décide de les suivre. Au bout d'un an, elle rentre en Suisse, puis retourne aux États-Unis où elle a rencontré celui qui deviendra son mari. Elle effectue une maîtrise en langue allemande à la New York University, trouve un emploi au Goethe-Institut de la Grosse Pomme et crée sa propre petite école, qu'elle baptise «Sigrid's German Studio».

Elle a une amie qui habite Montréal et à laquelle elle rend visite régulièrement. Elle aime la ville et, lasse de New York où elle réside depuis 11 ans, décide de s'y installer à la fin des années 1970. «Montréal m'est apparue comme un bon compromis entre les États-Unis et l'Europe», dit-elle.

Aujourd'hui en semi-retraite, Sigrid Simonsen a occupé des postes au Goethe-Institut de Montréal et dans différents collèges et elle est chargée de cours à l'Université de Montréal. Elle anime aussi un groupe de lecture en langue allemande, dont les rencontres ont souvent lieu... dans sa cuisine.

Sources d'information

Pour s'informer, elle s'abreuve à deux sources: Le Devoir et la radio de CBC, ce qui lui permet, dit-elle, «d'avoir les deux visages de Montréal». Le Devoir, elle l'a découvert graduellement, a appris à l'aimer, et s'y est abonnée il y a une dizaine d'années. «Je suis une couche-tard et je n'aime pas avoir à sortir le matin pour aller au dépanneur», explique-t-elle.

Tous les jours, elle prend place au comptoir de sa cuisine, se fait une grande tasse de thé — «toute la famille boit du café, toute la Norvège boit du café, mais moi, c'est le thé», dit-elle en riant — et consacre jusqu'à une heure, et plus le samedi, à la lecture de son journal. «Il est très beau, pas trop épais, et il contient ce qui m'intéresse: la politique, l'actualité, le cinéma, le théâtre.» Elle confie avoir un faible pour L'Agenda et pour les caricatures de Garnotte.

Sigrid Simonsen est retournée quelques fois en Norvège, où elle a de la parenté, mais n'a jamais vraiment songé à s'y installer. «De toute manière, le coût de la vie y est beaucoup trop élevé, dit-elle. Et puis, depuis toutes ces années, Montréal, c'est chez moi.»