L'enlisement - Le lock-out au Journal de Montréal aura un an dimanche

C'est l'impasse, totale et brutale. Un an après le lock-out imposé le 24 janvier 2009, les quelque 250 employés du Journal de Montréal battent encore et toujours le pavé. Le quotidien produit par les cadres tire à tout autant d'exemplaires. L'ombre d'un début de semblant de rapprochement des parties en conflit n'existe tout simplement pas.

«On n'a pas la clé de ce conflit-là», a dit hier matin Raynald Leblanc, président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM), en annonçant l'organisation d'une «soirée de solidarité», en chansons, ce dimanche 24 janvier, jour anniversaire du lock-out. «Il n'y a qu'une personne qui ait la clé, c'est Pierre Karl Péladeau [propriétaire de Quebecor et donc du Journal]. Notre seule clé, c'est notre volonté de vouloir négocier. Nous, on veut que M. Péladeau nous mette sur la table ne serait-ce que son plan d'affaires, ses problèmes, qu'on en discute et qu'on arrive à des solutions.»

Il n'y a eu aucun échange depuis le 11 décembre. Les mandataires de Quebecor ont alors réitéré leur volonté ferme de mettre à pied des employés, notamment dans les secteurs jugés dorénavant inutiles ou improductifs, par exemple celui des petites annonces, lessivées par les sites comme ebay.ca ou lespac.com.

«Le bilan qu'on fait, c'est que la crise structurelle qui touche les journaux nous oblige à adapter notre force de travail, commente Isabelle Dessureault, vice-présidente affaires publiques de Quebecor Media. Nous l'avons répété depuis des mois: l'élément qui achoppe concerne les mises à pied. Tout le reste dépend des négociations autour des postes à éliminer.»

Mme Dessureault refuse de préciser combien des 253 employés la direction veut passer à la trappe. Elle ajoute cependant que des primes allant jusqu'à un an et demi de salaire, soit plus de 100 000 $, ont été offertes aux personnes touchées.

Depuis un an, les syndiqués reçoivent 76 % de leur salaire habituel, une somme versée par les caisses syndicales (CSN, FNC et le STIJM). Le site Internet ruefrontenac.com génère de plus en plus de revenus selon les syndiqués et pourrait bientôt contribuer au «fonds de défense professionnelle» en lieu et place du syndicat des travailleurs de l'information.

Rue Frontenac a attiré environ deux millions d'internautes différents en moins d'un an. Le site d'information occupe la centaine de journalistes en lock-out, certains plusieurs dizaines d'heures par semaine. Les autres piquettent devant la permanence du Journal de Montréal, rue Frontenac.

Tous seront à quelques intersections de là, dimanche, au cabaret Latulipe, pour le Show du cadenas qui réunira sur scène Richard Desjardins, Tricot Machine, Louise Forestier et le groupe El Motor, Loco Locass et Jean-Sébastien Lavoie, un ex-employé du JdeM.

«Tous ces artistes sont liés d'une manière ou d'une autre à Quebecor, notamment par l'entremise du distributeur de disques Select, mais ils ont décidé de quand même nous appuyer», notait hier le journaliste Philippe Renaud, coorganisateur du spectacle.

L'humoriste Christian Vanasse, du groupe Les Zapartistes, animera la soirée.

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