Le Québec fête les 100 ans du Devoir

Une rencontre historique s'est déroulée au marché Bonsecours entre les artisans du Devoir et les lecteurs à l'occasion des festivités qui ont marqué hier les 100 ans du journal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une rencontre historique s'est déroulée au marché Bonsecours entre les artisans du Devoir et les lecteurs à l'occasion des festivités qui ont marqué hier les 100 ans du journal.

Cent ans, ça se fête. Et depuis quelque temps déjà, des reportages et des émissions spéciales partout dans les médias québécois et même d'ailleurs, la publication d'une édition du centenaire et d'un cahier spécial, entre deux tchin-tchin dans la salle de rédaction du journal, avaient donné le ton à ce grand anniversaire célébré par tout le Québec.

La grande réception qui s'est tenue hier sous la présidence d'honneur de Jean Charest et l'ovation donnée au directeur du Devoir, Bernard Descôteaux, ont témoigné de toute l'affection dont jouit le quotidien. Mais le coup d'envoi des festivités du centenaire a véritablement été donné hier matin au marché Bonsecours, au cours d'une grande rencontre historique entre tous ceux qui, hier et aujourd'hui, participent de ce «petit miracle» et celui que nous appelons affectueusement l'«ami-lecteur». Dans cette reconstitution d'une salle de rédaction, autour d'un sympathique café croissant, les déclarations d'amour ont fusé, tendres effusions de ces coeurs fidèles aux artisans du Devoir. «On vous aime», a lancé une dame qui avait fait le chemin depuis Valleyfield pour venir rencontrer les journalistes.

L'heure, qui était définitivement aux réjouissances, a donné lieu à des confidences et des manifestations d'appui indéfectible. «Le journal est unique et il mérite cette attention. Je suis venu ici aujourd'hui pour lui donner mon soutien. On se rend compte que d'autres journaux sont sujets à l'intervention de leurs propriétaires qui limitent la liberté des opinions», a soutenu Robert Roch, un Manitobain qui lit Le Devoir depuis son arrivée au Québec en 1971.

L'organisateur des activités du centenaire, Michel Petit, s'est réjoui d'avoir vu autant de gens répondre à l'appel. «On avait fait le pari que les lecteurs allaient vouloir venir rencontrer les journalistes du Devoir. On s'attendait à quelques personnes, mais on a eu plus d'un millier. C'était génial. Une symbiose incroyable», a-t-il souligné.

Ayant récolté de nombreux éloges de la part de ses collègues, des concurrents et des gens qui vouent un grand respect au Devoir, le directeur du journal, Bernard Descôteaux, a également tenu à rendre hommage à son tour aux artisans du journal, mais surtout aux lecteurs qui donnent un sens à cette belle histoire d'amour. «Vous renforcez notre sentiment d'être utiles et qu'on sert à quelque chose. Vos témoignages nous réconfortent», a-t-il déclaré à la foule non sans émotion.


Une cérémonie festive

Dans une certaine fébrilité, celle-là même qui précède les hommages des grandes fêtes, les quelque 500 invités du gala des cent ans du Devoir se pressaient fièrement dans le hall du marché Bonsecours où avait lieu le repas d'anniversaire, sous la présidence d'honneur du premier ministre du Québec, Jean Charest. «Le Devoir lui a lancé l'invitation et il a accepté spontanément et rapidement. Les gens du Devoir ont été très touchés», a relaté Michel Petit, qui a également dirigé les fêtes du 350e de Montréal.

Parmi les convives, des politiciens dont 26 députés du provincial et du fédéral, l'ancien premier ministre Pierre Marc Johnson, la chef de l'opposition Pauline Marois, le maire de Montréal Gérald Tremblay, des représentants des milieux culturel, scientifique, syndical, dont le président de la FTQ, Michel Arsenault, la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, ainsi que le cardinal Jean-Claude Turcotte et Pierre Karl Péladeau, qui étaient également à la table d'honneur.

Le Devoir pouvait hier se vanter d'avoir beaucoup d'amis, même parmi les concurrents. Bon prince, l'éditorialiste de La Presse, dont les prises de position et les opinions divergent le plus souvent d'avec celles du Devoir, a loué les qualités du Devoir et parlé de Claude Ryan comme d'un modèle, presque un mentor.

«La fierté c'est un peu cliché pour moi. Je ressens plutôt un contentement. C'est un bonheur de voir un ralliement de la société québécoise autour du Devoir», a souligné pour sa part l'ancienne directrice du Devoir, Lise Bissonnette.

En fin de soirée, le copropriétaire du Canadien de Montréal, Andrew Molson, qui a célébré tout au long de la dernière année le centenaire de son club de hockey, a offert à M. Descôteaux un chandail du Tricolore arborant le numéro 100. Et Marie-Christine Lalande, jeune concurrente de l'émission spéciale de Tous pour un sur Le Devoir, a rejoint les convives à la Salle de la commune, les joues rosies par son triomphe.

Des hommages de grandes personnalités du Québec, des témoignages d'affection sur toutes les lèvres et une sorte de vent de fierté mêlé d'une douce euphorie. Voilà qui commence bien un autre siècle pour Le Devoir.

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Avec Marco Bélair-Cirino
5 commentaires
  • Marc A. Vallée - Inscrit 11 janvier 2010 07 h 01

    Quel tous pour un!

    Je n'écoute pas régulièrement l'émission Tous pour un, mais hier soir, je ne voulais pas la manquer. Toute la famille était assise devant la télévision et partageait pour un soir ma passion développée à l'âge de dix ans: Le Devoir. Bon 100 ans et longue vie au Devoir.

  • Claude Desjardins - Abonné 11 janvier 2010 08 h 35

    Inoubliable, émotion

    Voila les mots qui me viennent spontanément pour qualifier les évènements du centième anniversaire du Devoir.

    Où peut-on se procurer le gaminet que le public en studio portait à l'émission de «Tous pour un» ? J'aimerais en avoir un ou deux en souvenir.

    Merci et longue vie au Devoir.

  • Bernard Gervais - Inscrit 11 janvier 2010 10 h 26

    Une fête fort réussie !

    Je me suis moi-même rendu, hier matin, au marché Bonsecours pour célébrer les 100 ans du Devoir.

    C'était très bien organisé et, sincèrement, je ne m'attendais pas, en arrivant sur les lieux, à voir autant de monde !

    Que tant de lecteurs du Devoir aient tenu à y être présents nous démontre combien ceux-ci aiment leur journal. Et ils ont raison !

  • France Marcotte - Abonnée 11 janvier 2010 10 h 45

    Un verbe qui veut se faire chair

    Cet élan d'amour spontané sorti des entrailles (de l'inconscient collectif ou je ne sais quoi) des Québécois envers Le Devoir, dépasse je crois la célébration de son centenaire ou le souhait que perdure une presse indépendante. Il démontre l'amour profond des Québécois pour le Québec, toutes tendances confondues, amour qui ne trouve pas encore à s'exprimer, à se canaliser, à se concrétiser dans un véhicule politique commun qui serait vraiment puissant s'il existait. La créativité du Québec ira-t'elle jusqu'à s'inventer ce modèle?

  • Eric Allard - Inscrit 11 janvier 2010 12 h 18

    Information de qualité

    Alors que les autres grands médias se demandent toujours comment rapporter plus d'argent à leurs actionnaires, il est réconfortant de voir que l'équipe du Devoir se demande tout le temps comment apporter en priorité une information de qualité à ses lecteurs.

    Merci! Grâce à vous, nous avons accès à une information qui n'est pas teinté des aspirations des groupes industriels auxquels appartiennent ces autres quotidiens.

    J'espère que les lecteurs demeureront nombreux à soutenir cette véritable institution.

    Bon succès pour votre prochain centenaire!