Chronologie de la vie d'un journal indépendant

Une du Devoir
Photo: Une du Devoir

1892 — Henri Bourassa achète L'Interprète, journal fondé en 1886 à Alfred, en Ontario, et voué à la défense des droits des Franco-Ontariens. Sa devise est: «Fais bien et laisse dire.» Il le vend en 1894.

10 janvier 1908 — Fondation par Bourassa et quelques collaborateurs de la compagnie La Publicité ltée, entreprise commerciale vouée à la promotion de la pensée nationaliste et à la création d'un journal d'idées.

13 août 1909 — Réunis au Monument-National, 172 actionnaires élisent le conseil d'administration du journal Le Devoir, qui sera composé d'hommes d'affaires.

1910 — L'équipe du Devoir s'installe au 71A de la rue Saint-Jacques, à Montréal.

10 janvier 1910 — Parution du premier numéro du Devoir, qui va prendre sa place sur le marché comme journal de l'après-midi. Tirage initial: 30 000 exemplaires. Au cours de l'année, le tirage se maintiendra autour de 12 000 exemplaires. Prix: 1 ¢.

Début 1913 — Déficit de 40 000 $. Menace de faillite.

6 février 1913 — Craignant la réaction de la société éditrice La Publicité ltée devant le déficit du journal, Henri Bourassa et son équipe d'actionnaires fondent une nouvelle compagnie: l'Imprimerie populaire ltée.

28 mars 1913 — Réunion des administrateurs de l'Imprimerie populaire qui confirment Henri Bourassa dans son autorité absolue sur l'orientation et la direction du Devoir. Le conseil d'administration de l'Imprimerie populaire comprend Henri Bourassa, Oscar Dufresne, Guillaume-Narcisse Ducharme, Edmond Hurtubise, Louis-Narcisse Ducharme, Joseph-Narcisse Dupuis, Philippe Deslongchamps, Georges Pelletier et Omer Héroux.

1914 — Le Devoir emménage au 443 de la rue Saint-Vincent, à l'emplacement de l'ancien hôtel Richelieu.

1er septembre 1914 — Le prix de l'exemplaire du Devoir passe de 1 à 2 ¢.

14 janvier 1915 — À l'occasion du cinquième anniversaire de la fondation du Devoir, il y a réception et discours d'Henri Bourassa au Monument-National.

1919 — Le Devoir est menacé de faillite.

13 janvier 1920 — Un congrès de deux jours et un banquet au Monument-National soulignent le 10e anniversaire du Devoir.

1920-1921— Henri Bourassa fait une tournée de sollicitation pour trouver des souscripteurs et sauver Le Devoir d'une autre crise financière.

Début juin 1924 — Emménagement dans les locaux du 430, rue Notre-Dame Est, ancienne auberge et ancienne usine de chaussures. Année difficile sur le plan financier.

3 février 1930 — Célébration du 20e anniversaire du Devoir. Le banquet rassemble 1600 convives au Windsor.

3 août 1932 — Démission d'Henri Bourassa. Georges Pelletier lui succède.

1935 — 25e anniversaire du Devoir. Numéro spécial de 72 pages.

1940 — 30e anniversaire du Devoir. On ne le célèbre pas en cette année de guerre.

Septembre 1940 — Les employés acceptent une semaine additionnelle de vacances sans rémunération.

23 octobre 1943 — Émile Benoist, secrétaire de rédaction, a toute autorité sur le personnel du Devoir pendant l'absence de Georges Pelletier, atteint par la maladie.

1945 — 35e anniversaire du Devoir. Pas de célébration: climat de guerre et maladie du directeur, Georges Pelletier.

24 janvier 1945 — Le syndicat des journalistes est reconnu officiellement comme négociateur.

3 septembre 1946 — Démission de Georges Pelletier.

8 octobre 1946 — Les pouvoirs conférés au directeur général du Devoir seront exercés par le conseil d'administration. Ce dernier confie à Alexis Gagnon, en consultation avec Omer Héroux, la direction de la rédaction à certaines conditions.

20 janvier 1947 — Décès de Georges Pelletier à l'âge de 64 ans.

9 avril 1947 — Gérard Filion devient directeur du Devoir et administrateur délégué à l'Imprimerie populaire ltée. André Laurendeau sera son rédacteur en chef.

4 juillet 1947 — Le conseil d'administration adopte un projet de règlement autorisant un emprunt jusqu'à concurrence de 120 000 $ par émission d'obligations.

2 mars 1948 — Assemblée générale: adoption d'un projet de règlement autorisant un emprunt jusqu'à concurrence de 150 000 $ par émission d'obligations.

17 décembre 1949 — La CTCC (Confédération des travailleurs catholiques du Canada) verse 10 000 $ à la caisse du Devoir. Point de départ d'une souscription publique organisée par Les Amis du Devoir.

12 février 1950 — Banquet du 40e anniversaire du Devoir, au Windsor: 1300 personnes rendent hommage au journal.

5 mars 1951 — Le conseil d'administration décide de porter le pouvoir d'emprunt à 400 000 $.

7 février 1952 — Hausse du prix du journal à 10 ¢.

31 août 1952 — Décès d'Henri Bourassa la veille de ses 84 ans.

17 novembre 1953 — Le Devoir devient un quotidien du matin.

Janvier 1955 — 45e anniversaire du Devoir. Banquet de souscription: objectif 100 000 $.

29 avril 1955 — Grève et lock-out des employés de la typographie.

10 juin 1955 — Grève des clicheurs et des livreurs. Boycottage dans les bureaux de photogravure.

6 septembre 1955 — Des accords sont conclus avec les clicheurs et les livreurs. Les Amis du Devoir avancent 25 000 $ sur la prochaine souscription.

Janvier 1960 — Les fêtes du cinquantenaire: 1200 personnes sont présentes à l'hôtel Reine Elizabeth. Numéro-souvenir de 40 pages (29 janvier 1960).

1962-1963 — Profit de 300 000 $. Augmentation du tirage.

31 janvier 1963 — Démission de Gérard Filion.

1er février 1963 — Réunion du conseil d'administration qui accepte qu'un triumvirat prenne la direction pendant un an. Le comité de direction se compose de Claude Ryan, de Paul Sauriol et d'André Laurendeau et demeure sous la présidence de ce dernier.

1er mai 1964 — Le conseil d'administration nomme Claude Ryan à titre de directeur.

7 mars 1966 — Le conseil d'administration décide de payer un dividende de 1,5 % aux actionnaires pour le semestre courant.

1er février 1967 — Le conseil d'administration décide de payer un dividende de 2 % aux actionnaires pour le semestre courant.

8 juin 1967 — Le conseil d'administration approuve le projet que l'impression du Devoir soit désormais confiée à une firme de l'extérieur, dans ce cas-ci à l'Imprimerie Dumont, à Ville LaSalle.

1er juin 1968 — Décès d'André Laurendeau à l'âge de 56 ans.

10 janvier 1970 — 60e anniversaire du Devoir. Divers articles de Claude Ryan, de Paul Sauriol et de Ramsay Cook soulignent le fait.

18 novembre 1970 — Le conseil d'administration décide de porter à 15 ¢ le prix de vente du Devoir.

17 avril 1972 — Déménagement au 211, rue du Saint-Sacrement, dans le Vieux-Montréal.

5 et 6 novembre 1975 — Le Devoir ne paraît pas, les journalistes tenant deux journées d'étude.

12 novembre 1975 — Début d'une grève des journalistes.

10 décembre 1975 — Fin de la grève.

Janvier 1978 — Démission de Claude Ryan.

11 janvier 1978 — L'intérim est assuré par le rédacteur en chef, Michel Roy.

23 novembre 1980 — Entrée en fonction de Jean-Louis Roy au poste de directeur. Lise Bissonnette deviendra sa rédactrice en chef en 1981.

7 avril 1981 — Grève des journalistes.

11 juin 1981 — Fin de la grève.

31 octobre 1981 — Le prix de l'exemplaire du Devoir est porté à 35 ¢.

31 mars 1983 — Grave crise financière au Devoir. La direction demande une baisse de salaire de 10 % à ses employés.

10 janvier 1985 — 75e anniversaire du Devoir. Cahier spécial.

3 septembre 1985 — Le prix unitaire du journal passe à 45 ¢.

9 décembre 1985 — Le Devoir se vend désormais 50 ¢ l'exemplaire.

28 janvier 1986 — Démission de Jean-Louis Roy, nommé délégué général du Québec à Paris.

3 juillet 1986 — Benoît Lauzière prend la direction du journal, aux côtés de Paul-André Comeau, rédacteur en chef.

12 juin 1990 — Démission de Benoît Lauzière. Le même jour, Lise Bissonnette devient la première femme à diriger le journal. Bernard Descôteaux remplace Paul-André Comeau comme rédacteur en chef.

16 novembre 1990 — Banquet-bénéfice à l'hôtel Reine Elizabeth réunissant quelque 750 personnalités pour souligner les 80 ans du Devoir, ce qui permet de récolter plus de 400 000 $.

16 novembre 1992 — Le Devoir quitte la rue Saint-Sacrement pour emménager dans de nouveaux locaux au 2050 de la rue de Bleury.

11 janvier 1993 — Création du Devoir inc., une filiale de l'Imprimerie populaire ltée, qui permet un refinancement du journal de l'ordre de 1 050 000 $. Parmi les actionnaires, on retrouve le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec, le Mouvement Desjardins et les employés du Devoir par l'entremise de la Société de placement en entreprises du Québec.

26 janvier 1993 — Lancement de la nouvelle maquette du Devoir, caractérisée par une présentation plus aérée et une mise en pages moderne. Une réalisation de l'architecte de journaux Lucie Lacava, la nouvelle mouture fera en sorte que le quotidien recevra plusieurs fois le prix du journal le mieux conçu au monde.

9 et 10 août 1993 — Éprouvé par des problèmes financiers, Le Devoir suspend sa publication pendant deux jours. Il se remet sur les rails à la faveur de l'injection d'argent frais et de concessions importantes de ses employés.

13 mai 1995 — Le prix du journal est porté à 75 ¢ plus taxes.

4 mars 1996 — Le Devoir coûte désormais

1 $, taxes comprises.

26 juin 1997 — Inauguration du site Internet ledevoir.com. Le site fera l'objet de cinq refontes majeures au fil des ans. La version actuelle apparaît en ligne le 17 novembre 2009.

6 août 1998 — Départ de Lise Bissonnette, qui devient p.-d.g. de la Grande Bibliothèque du Québec.

12 février 1999 — Après avoir assuré l'intérim pendant six mois, Bernard Descôteaux accède formellement à la direction du Devoir. Jean-Robert Sansfaçon devient alors rédacteur en chef.

29 janvier 2000 — À l'occasion du 90e anniversaire du Devoir, publication d'un cahier spécial de 24 pages.

2004 — Le Devoir dégage un bénéfice. Il s'agit du premier exercice profitable d'une longue série qui se poursuit encore aujourd'hui.

9 février 2004 — Décès de Claude Ryan à l'âge de 79 ans.

26 mars 2005 — Décès de Gérard Filion à l'âge de 95 ans.

13 septembre 2008 — Le prix du journal passe à 1,25 $, taxes comprises.

Août 2009 — Jean-Robert Sansfaçon quitte la rédaction en chef. Josée Boileau lui succède.

17 décembre 2009 — Affichant sa confiance en l'avenir, Le Devoir fait apposer une enseigne lumineuse sur le mur sud de l'édifice qu'il occupe, face au Quartier des spectacles.

10 janvier 2010 — Après qu'on eut maintes fois prédit sa disparition au fil des décennies, Le Devoir souffle ses 100 bougies et amorce son deuxième siècle d'existence avec fierté et enthousiasme.