Deux documentaires sur la crise des médias sont mis en ligne

Des vidéos mises en ligne récemment documentent la crise des médias du point de vue des journalistes québécois. La première, diffusée depuis la semaine dernière, revient en quelque 23 minutes sur le conflit au Journal de Québec, en 2007 et 2008. La seconde, apparue hier, s'organise autour de deux segments d'environ cinq minutes chacun et traite du dernier congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, organisé à Sherbrooke le mois dernier sur le thème «Sortie de crise».

Les plus sévères verront dans l'un et l'autre un concentré des réactions de la corporation journalistique à la transformation profonde de son monde. Les plus neutres apprécieront l'exposition de réactions de la première ligne affectée par la mutation.

Le film-bilan des syndiqués s'intitule Journal de Québec, histoire d'un conflit. Il a été produit par le Syndicat canadien de la fonction publique qui le diffuse sur son site (scfp.ca). Le film n'expose que le point de vue syndical. Les événements de la confrontation sont présentés dans un ordre chronologique. Des témoignages rappellent d'abord les préparatifs de l'employeur, l'embauche de cadres et l'ouverture de bureaux de télétravail à Toronto notamment, une mécanique dupliquée récemment au Journal de Montréal, à son tour en conflit, depuis bientôt 11 mois.

Le reste du travail réalisé par Ian Morin, des Productions Rafale, synthétise les enjeux et le quotidien de la lutte. Les détails abondent, par exemple sur cette étonnante idée de lancer le journal gratuit, MédiaMatin, devenu finalement le principal moyen de pression. «On a eu 40 000 piquets de grève cinq jours par semaine», résume un journaliste. Les «lockoutés» du Journal de Montréal ont plutôt opté pour un site Internet, RueFrontenac, qui multiplie les scoops.

L'Observatoire du journalisme (projetj.ca) propose deux reportages tournés au récent congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, sur le thème «Sortie de crise». La paire permet de s'initier en une dizaine de minutes aux tensions de ce monde ébranlé.

«J'ai l'impression d'être dans la salle de bal du Titanic», commente un des interviewés, le journaliste Fabrice de Pierrebourg, de RueFrontenac. «L'iceberg, on l'a touché il y a un moment, et je pense qu'il est vraiment temps de se réveiller. La neutralité est finie.» Ce congrès a notamment été marqué par une course à la présidence finalement remportée par Brian Myles, collègue du Devoir, interviewé dans le documentaire.

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