Audiences du CRTC - Les gros profits des câblos

Les profits coulent à flot vers les entreprises de télévision par câble et par satellite, mais ce sont quand même les consommateurs qui risquent de faire les frais des redevances demandées par les chaînes généralistes. La question des redevances est à l'examen depuis plusieurs jours devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). L'organisme fédéral tient des audiences publiques à Gatineau.

Statistique Canada a révélé hier que la situation financière des câblos est plus qu'enviable, avec des recettes en progression de 14,4 % en 2008. Elles dépassent maintenant le seuil des 10 milliards. Depuis le début de la décennie, jamais les entreprises de télévision par câble et satellite n'ont été aussi rentables. Chaque dollar gagné en 2008 leur a permis de générer un bénéfice avant intérêt et impôt de 21,6 cents. Le Canada compte maintenant plus de 10 millions d'abonnés au câble ou à la technologie sans fil.

C'est à eux que les distributeurs de signaux menacent de refiler la note des redevances réclamées par les télévisions généralistes comme Radio-Canada ou TVA, qui ne sont toujours pas payées pour le relais de leurs contenus. Dans leurs publicités négatives diffusées depuis des semaines, les câblos affirment que les frais mensuels aux consommateurs pourraient augmenter de 10 $ par mois (soit environ un dollar par chaîne) si le Conseil accepte la demande des télévisions traditionnelles.

Ce pourrait finalement être plusieurs fois moins. Une hypothèse émise à haute voix aux audiences par le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, évoque plutôt une hausse de 25 cents par chaîne généraliste. Les chaînes spécialisées reçoivent mensuellement entre 9 sous (Much Music) et deux tiers de dollar (RDI). À Montréal, l'abonnement au câble augmenterait de 1,75 $ selon cette hypothèse.

À voir en vidéo