Médias - Le Soleil fermera son bureau à Ottawa

Le Soleil va fermer son bureau de la colline parlementaire à Ottawa, selon les informations obtenues par Le Devoir. Le quotidien de Gesca a déjà réduit les effectifs de son bureau de l'Assemblée nationale. Le groupe avait pourtant promis de maintenir ces bureaux intacts et d'assurer la diversité des sources d'information lorsqu'il a acquis Le Soleil en 2000.

La fin approche à Ottawa. L'intention de fermer le bureau le 1er décembre a été annoncée jeudi dernier aux deux employés. Le correspondant Raymond Giroux sera transféré dans le « hot room », une salle de presse commune et impersonnelle sans services. La recherchiste du Soleil sur la colline s'est fait offrir un déplacement à Québec ou un départ monnayé.

Selon des sources syndicales, la volonté de la direction serait de ne pas renouveler le poste de M. Giroux, une fois l'obligation de le faire retirée de la convention collective. Cette dernière arrive à échéance à la fin de l'année.

Le syndicat s'attend aussi à des demandes explicites pour faciliter les échanges de textes entre les journaux de Gesca, en gros ceux de La Presse vers les autres quotidiens. La direction du Soleil n'a pas rappelé Le Devoir.

« Nous allons nous battre avec toute l'énergie disponible, dit Baptiste Ricard-Châtelain, président du syndicat de la rédaction du Soleil. Nous n'avons même pas été renseignés ou consultés alors que nous sommes l'agent négociateur, à la veille d'une négociation. »

À Québec, Le Soleil a déjà éliminé le poste de documentaliste du bureau du parlement et un poste de journaliste. Il y reste deux reporters (Simon Boivin et Jean-Marc Salvet) et le chroniqueur Gilbert Lavoie.

Le syndicat déposera prochainement quatre griefs, un pour chacune des éliminations de postes à Québec et Ottawa. Une clause de la convention collective des employés dit explicitement: « Les bureaux du Soleil à l'Assemblée nationale et à la Chambre des communes sont maintenus. »

Le président du syndicat rappelle que la disparition ou la réduction des bureaux contrevient aux promesses explicitement formulées au moment de l'achat du Soleil par Gesca. Elles confirment par contre les craintes exprimées par une majorité d'observateurs, y compris le syndicat, au moment de la transaction, à la fin de l'an 2000.

La filiale de Power Corporation met ainsi en branle le modèle du regroupement des effectifs de plus en plus courant dans les médias en crise. Après une décennie d'intégrations, les groupes surgonflés procèdent à des mises à pied d'employés, regroupent les services et « rationalisent » dans une optique de « synergie ».

Quebecor applique une stratégie semblable autour de son agence interne QMI, avec l'objectif avoué de réduire les postes à Québec comme à Ottawa. Gesca et Quebecor contrôlent 97 % du marché des quotidiens francophones au Québec.
1 commentaire
  • Claude L'Heureux - Abonné 8 octobre 2009 11 h 09

    Au Devoir de jouer

    Ce n'est pas la première fois que j'invite Le Devoir à publier des feuillets régionaux pour concurrencer Gesca que je me fais un devoir de ne pas encourager. L'entente secrète entre Gesca et Radio-Can l'est de moins en moins avec ses concours de fidélisation qui avec Le Soleil, qui avec La Presse. Radio-Can se fait réduire ses budgets alors qu' il investit dans les concours de fidélisation... sur sa Première Chaîne ! Le secret se trouve sans doute ici...

    Quand aux travailleurs (journalistes) de Gesca, méritent-ils l'appui du public alors qu'ils restent silencieux sur l'oeuvre de sabotage national. Par exemple, leur rappeler que Gesca a refusé toute publication au livre de Jean-François Vallée et Jacques Beaumier: Québec 2008 des célébrations détournées de leur sens. Essayez, pour voir...

    Claude L'Heureux, Québec