L'électron Dumont

Mario Dumont entrera en ondes lundi prochain.
Photo: Jacques Grenier Mario Dumont entrera en ondes lundi prochain.

La nouvelle émission Dumont 360 est produite par La Presse Télé, tournée dans les studios de Télé-Québec et diffusée sur les ondes de la nouvelle chaîne V, ex-TQS. À 360 degrés, on embrasse large et on rassemble tout...

La quotidienne d'une heure, en ondes lundi prochain, proposera en plus deux bulletins de nouvelles d'une douzaine de minutes au total, des segments fournis par l'agence ADN5, appartenant à Richard Desmarais. Rendu à ce point d'amalgame, c'est V comme variété!

«Je trouve ça plutôt formidable, a commenté André Provencher, producteur de l'émission pour La Presse Télé, après la visite des studios. Tout le monde le vit, il y a une situation économique tendue, alors que des infrastructures comme celles-là puissent être bien utilisées et bien exploitées, ma foi, c'est rassurant pour le présent et pour l'avenir.»

L'ex-chef de l'ADQ occupera ce studio les cinq jours de semaine, de 17h à 18h. «C'est le retour des bulletins de nouvelles à cette heure-là, a résumé hier Mario Dumont. C'était une promesse de la station, et la promesse est tenue.»

TQS a sabordé sa salle de nouvelles l'an dernier en mettant à pied 280 personnes. ADN5 affectera trois reporters à la production de ses bulletins montréalais. De petites équipes s'activeront dans cinq régions du Québec. Le tout sera appuyé par trois journalistes-recherchistes, une rédactrice en chef et une lectrice-animatrice, Ève Couture, de l'équipe éditoriale centrale, à Montréal.

Mme Couture présentera ses bulletins debout, en gérant les segments d'information à partir d'un écran géant, conçu au Québec par la compagnie Simbioz. Elle y contrôlera la mise en ondes des reportages et des informations complémentaires.

Entre les bulletins d'ouverture et de fermeture, Mario Dumont commentera et décortiquera l'actualité. «Parfois, les nouvelles sont enrichies quand on les commente, a-t-il dit. Mais il y aura autant des entrevues avec des gens qui font la nouvelle qu'avec des gens qui ont une expertise, un savoir.»

Hier, dans Le Journal de Montréal, Mario Dumont dénonçait «le confort et l'indifférence» des Québécois envers les problèmes comme le déficit ou le vieillissement de la population. La télé lui offre-t-elle un autre moyen de «secouer» ses compatriotes, de continuer l'activisme par d'autres moyens? «Pas du tout, répond-il. Mais en m'invitant ici, on m'a demandé de donner mes opinions. C'est une émission d'actualité. Je ne suis pas journaliste, comme Ève Couture. Je vais faire mon travail. J'ai des opinions et je vais les exprimer. Par ailleurs, j'ai une curiosité extrême. Les gens qui ont des opinions contraires auront l'occasion de le dire et de le dire jusqu'au bout.»

Pas de sujet tabou donc, et il ne sera pas seulement question de politique, promet M. Dumont. Il a cependant refusé hier de commenter la course à la direction de son ancien parti.

La mise en perspective s'affirmera le plus dans un long segment (environ la moitié de l'heure). «On va creuser un sujet qu'on va appeler notre sujet 360. On va aller chercher, trois, quatre entrevues ou reportages.»

Le groupe Gesca, propriétaire de La Presse Télé, possède aussi huit salles de nouvelles au Québec, dont celles du Soleil et de La Presse. Le producteur assure que le groupe n'en profitera pas pour faire converger les journalistes de ces salles vers le plateau de Dumont 360. «Il n'y aura aucun pipeline», dit André Provencher.