À voir à la télévision le mardi 16 juin - La naissance de l'homme sans nom

C'était en 1964. Le western était tombé en désuétude. Arriva alors ce que nul n'aurait pu prévoir: un cinéaste italien jusque-là peu connu ressuscita le genre cinématographique le plus américain qui soit.

Pour une poignée de dollars, qui relate les manigances d'un étranger jouant de la rivalité entre deux familles afin de s'enrichir, est en effet le premier western dit «spaghetti» réalisé par Sergio Leone, qui trouva du reste là son créneau définitif. Déjà, on y distinguait toutes ses signatures visuelles futures: zooms brusques, alternance de plans larges et de très gros plans, angles inusités. Le film marque aussi le début d'une longue et fructueuse collaboration avec le compositeur Ennio Morricone, dont plusieurs des motifs musicaux sont entrés dans la légende. Il s'agit en outre de la première de trois collaborations avec Clint Eastwood, qui devint célèbre grâce au personnage de «l'homme sans nom» qui vit le jour ici. Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la Brute et le Truand suivront, toujours plus stylisés et imposants, budget aidant.

Tourné avec moins d'un quart de million de dollars, ce coup d'essai remporta un succès mondial retentissant, notamment aux États-Unis... deux ans plus tard. C'est que, pour le scénario qu'il a coécrit, Leone s'était largement inspiré de Yojimbo d'Akira Kurosawa, sans prendre la peine d'en informer ce dernier. Initialement destiné au marché local, le film remporta un vif succès un peu partout et Kurosawa, irrité à juste titre, intenta un procès à Leone, ce qui retarda la sortie américaine. Le premier obtint les droits d'exploitation pour le Japon, le second ne digéra jamais l'épisode.

Magnifiquement filmé en Espagne, qui sera par la suite souvent travestie en Mexique ou en Ouest américain, le film de Leone, comme les suivants du reste, a très bien vieilli. Les traits d'humour qui émaillent le récit font encore mouche et le charisme de Clint opère à fond.

Cinéma / Pour une poignée de dollars - Télé-Québec, 21h

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