À voir à la télévision le samedi 13 juin - Papa last call

Trois ans après le succès-surprise — et rassurant — de Québec-Montréal, le réalisateur Ricardo Trogi et ses copains Patrice Robitaille et Jean-François Pearson sont revenus avec un second opus tout aussi grinçant: Horloge biologique. Plus écrit, plus ambitieux, ce deuxième film s'intéresse un peu aux mêmes enjeux (notamment le couple et les différences de sensibilité entre hommes et femmes, apparemment irréconciliables), mais le ton se fait cette fois beaucoup plus noir à mesure que progresse l'intrigue.

Sans doute cette approche en rebutera-t-elle plus d'un, surtout que le portrait que ces jeunes mâles brossent d'eux-mêmes n'est guère flatteur. Pour qui a apprécié Les Invincibles toutefois, Horloge biologique apparaîtra comme un laboratoire prometteur.

Il y a donc Fred, Paul et Sébastien, la trentaine naissante et les questionnements existentiels de circonstance, à commencer par le plus troublant de tous: se reproduire ou pas. Chacun en est à un stade différent du «problème»: Sébastien est déjà le papa d'un petit garçon, mais il ne semble pas s'épanouir avec la paternité; Paul sera sous peu le père d'une fille, mais il est tiraillé par le démon du midi; Fred, pour sa part, est prêt à tout pour éviter que sa copine ne tombe enceinte. Tout.

Une des forces d'Horloge biologique est son refus de rendre attendrissant l'égoïsme de ses personnages. Leurs comportements, tour à tour hilarants et pathétiques, trahissent un profond malaise qui affleure plus d'une fois durant le film qui, je le répète, devient de plus en plus sombre à mesure que l'humour passe du caustique au grinçant. La scène où Marie (excellente Geneviève Alarie) découvre le pot aux roses est très représentative de cet équilibre précaire que parvient à maintenir le film, qui oscille habilement entre drame et comédie. En comparaison, les séquences fantaisistes avec hommes des cavernes semblent forcées, une fausse note que la qualité des dialogues (réjouissants et très réalistes) et du jeu rachète cependant.

Cinéma / Horloge biologique - Radio-Canada, 19h

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