Visibles, mais pas à la télévision

Les minorités visibles du Québec se sentent bien souvent invisibles dans le paysage médiatique et publicitaire québécois. C'est ce qu'a conclu, en substance, une étude réalisée par le Conseil des relations interculturelles (CRI), rendue publique hier, lors d'une conférence de presse à Montréal.

L'étude comprend notamment un sondage Web réalisé par Léger Marketing auprès de 2030 personnes, la moitié environ des répondants étant des immigrants de première, deuxième ou troisième génération, et l'autre moitié, des Québécois de souche.

Ainsi, 69 % des répondants noirs estiment qu'ils ne sont pas assez représentés à la télévision. Environ 55 % des Arabes, des Asiatiques et des Latino-américains pensent qu'on ne les voit pas assez sur le petit écran. Les immigrants originaires de l'Asie du Sud-Est et de l'Asie du Sud sont 39 % à penser de la sorte.

Madeleine Bégon Fawcett, dramaturge et scénariste, était présente à la conférence de presse. Elle estime qu'«on ne se reconnaît pas, que ce soit dans les présentateurs, que ce soit dans les contenus, que ce soit dans ce qu'ils montrent», et souhaite lancer une télévision ciblant les minorités à Montréal.

Mais la situation va en s'améliorant, ont affirmé le vice-président de la radio de Radio-Canada, Jean François Rioux, le directeur général de CTV Montréal, Don Bastien, ainsi que le vice-président de la firme de publicité Publicis, Jean-Jacques Stréliski, qui ont appuyé les recommandations du rapport. Le CRI, un organisme conseillant le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles, recommande notamment de mieux couvrir les communautés en établissant un meilleur dialogue avec les intervenants, de diversifier le personnel des médias et de porter les minorités visibles plus souvent à l'écran.

CTV Montréal fait d'ailleurs figure de bon élève: 42 % de ses employés sont issus d'une communauté culturelle. «C'est quelque chose qu'on a adopté depuis plusieurs années, indique M. Bastien, la langue première des groupes ethnoculturels est souvent l'anglais», rajoute-t-il, pour justifier l'avance de la chaîne anglophone.

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