À voir à la télévision le vendredi 29 mai - À qui la faute ?

Au cours de l'été 2007, c'est un peu comme si tout le Québec avait pris conscience de l'ampleur de la contamination des cours d'eau par les algues bleues, cette plaie toxique résultant essentiellement de l'activité humaine.

Un problème que connaissent depuis longtemps les voisins du lac Mandeville, dans Lanaudière. Parmi eux, Rossana Pettinati, présidente du comité des citoyens du lac, qui tente de sensibiliser les riverains à la nécessité de reboiser les rives et de s'assurer de l'efficacité de leur fosse sceptique. Or plusieurs ont plutôt tendance à montrer du doigt le producteur de porcs du coin, qui procède chaque année à l'épandage de lisier pour fertiliser les champs de maïs qu'il possède aux alentours. Qui plus est, le tout est fait selon les règles édictées par Québec.

Entre cet agriculteur — dont l'entreprise n'a rien d'une méga-porcherie — et les défenseurs du lac, c'est un dialogue de sourds. Et le hic, c'est que les documentaristes ne viennent jamais s'interposer dans les propos de tout un chacun pour les confronter, pas plus qu'on ne questionne les représentants des ministères concernés pour tenter de les faire sortir de leur discours ultra-convenu et formaté. On se contente du rôle de témoin, bien que le sujet soit propice à la polémique, voire aux mensonges et à la diffamation.

Au téléspectateur, donc, de débattre de la chose. Car il y a bien là une question difficile à trancher, entre le citoyen aux comportements rarement exemplaires et l'agriculteur confronté à une industrie extrêmement compétitive.

Le producteur de porcs — que les citadins friands de fins de semaine à la campagne aiment bien manger sous forme de jambon en tranches ou de bacon — déclare finalement faillite, sans qu'on sache trop pourquoi. Une victoire pour les riverains? Peut-être, jusqu'à ce qu'un autre rachète le tout en rêvant de prendre de l'expansion.

Zone doc / Les Algues bleues - Radio-Canada, 21h

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