Avenir de la télévision - Les chaînes spécialisées mettent en garde contre les redevances aux chaînes généralistes

Ottawa — Les télévisions spécialisées ne voient pas pourquoi les chaînes généralistes auraient droit à une redevance des câblodistributeurs alors que ce ne sont pas elles qui ont pris les risques au moment où les chaînes consacrées entièrement au sport, à la santé, aux programmes pour enfants ou encore à la musique ont vu le jour.

Après les chaînes généralistes privées et la télévision d'État, c'était au tour des télévisions spécialisées de faire valoir leur point de vue au comité du Patrimoine sur l'avenir de la télévision au pays hier.

Il y a deux semaines, le p.-d.g. de Quebecor Media, Pierre Karl Péladeau, avait plaidé devant le même comité pour que des chaînes généralistes privées comme TVA aient accès aux redevances versées par les câblodistributeurs. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) s'y est toujours refusé, car il craint que cela ne fasse augmenter le prix des abonnements à la télévision câblée et, par ricochet, pénalise les consommateurs.

L'organisme de réglementation a néanmoins accepté d'ouvrir le débat en raison des difficultés financières auxquelles font actuellement face les télédiffuseurs généralistes à travers le pays.

Dans son témoignage hier, le président du conseil d'Astral Media, André Bureau, a soutenu qu'il ne fallait pas accéder à la demande des chaînes généralistes, qui selon lui souhaitent récolter une part de gâteau auquel elles n'ont pas droit.

«On a pris les risques, on a du succès. Pourquoi [les médias traditionnels] viendraient-ils nous chercher nos revenus s'ils n'ont pas été capables, eux, d'avoir autant de succès. Je ne vois pas pourquoi ce serait à nos dépens», s'est insurgé M. Bureau.

Tout comme le président de Corus Entertainment, John Cassaday, il a souligné l'importance de faire preuve de prudence avant de modifier les règles du jeu de l'industrie, faute de quoi l'équilibre dans le paysage télévisuel canadien serait menacé. «Il est fort possible que nous ayons atteint un point où il est nécessaire de repenser les règles du système. Toutefois, durant 40 ans, nous avons eu le souci constant de maintenir cet équilibre; nous devrions donc agir avec prudence», a noté M. Bureau.

M. Cassaday a relevé que le succès de la télévision canadienne était intimement lié au succès de ses chaînes spécialisées.

À voir en vidéo