À voir à la télévision le mercredi 6 mai - Les grandes espérances

Les Cerfs-volants, de Romain Gary, fut publié en 1980. L'auteur, qui connaissait en ce temps-là plus de succès sous le nom de plume d'Émile Ajar, n'écrivit rien d'autre. À la fin de cette année-là, celui qui tenait l'idée de vieillesse en horreur se suicida. Plus d'un quart de siècle après les faits, une adaptation plutôt jolie de son ultime roman vit le jour. Et voici l'hameçon qui vous fera mordre au reste de ce billet: elle met en vedette Marc-André Grondin.

J'ai toute votre attention? Blague à part, j'appréhendais le visionnement de ce film justement parce que le comédien québécois s'y trouve. Que je vous rassure: son talent, très grand à mon avis (et de celui du jury des César), n'a rien à y voir. De par mon métier, j'ai tendance à me méfier d'un film qui, bien qu'il mette en vedette la vedette masculine montante d'ici, n'a pas trouvé de distributeur de ce côté-ci de l'Atlantique. Vous suivez mon raisonnement?

Eh bien, tout s'explique: Les Cerfs-volants a en fait été tourné pour la télévision française, pas pour le cinéma. Remarquez, un détour du côté des salles aurait sans doute été concluant: l'histoire, qui rappelle à certains égards Les Grandes Espérances de Dickens, est de celles qui plaisent d'emblée. On y suit le destin picaresque de Ludo, jeune Français de province qui, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, découvre la Beauté en la personne d'une ravissante aristocrate polonaise.

Les amateurs d'imagerie bucolique se délecteront de la première partie. J'ai pour ma part été séduit par les scènes se déroulant au manoir, où l'on découvre la famille très colorée de Lila, ainsi que par la séquence à Pigalle. Quant à Grondin, je n'ai plus vu en lui, dès son entrée dans le cadre, que ce jeune homme rêveur, un brin décalé. Ludo est un rôle difficile, mais le comédien ne trébuche jamais. Je sais, c'est facile à dire aujourd'hui, mais il ira loin, ce petit.

Cinéma / Les Cerfs-volants - TV5, 20h

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