CRTC - CTV demande aussi une réglementation des tarifs de câblodistribution

Gatineau — Le président de CTVglobemedia a à son tour fait valoir devant le CRTC, hier, qu'il serait peut-être temps de réglementer à nouveau les tarifs de câblodistribution afin d'assurer la survie de la programmation télévisée locale.

À l'instar des télédiffuseurs TVA, CanWest Global et CBC-Radio-Canada, le président du réseau anglophone CTV, Ivan Fecan, a plaidé hier aux audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour que les compagnies de câblodistribution paient pour avoir le droit de diffuser leur signal. C'est ce qu'on appelle un tarif de distribution, ou une redevance d'abonnement.

«Je me demande pourquoi tout le monde ici, au Canada, a peur du câble», a dit M. Fecan.

Le CRTC se penche actuellement sur le renouvellement des licences des télévisions privées, au moment où les télédiffuseurs généralistes luttent pour survivre puisqu'ils doivent composer avec la chute de leurs revenus publicitaires, ainsi qu'avec un auditoire qui est de plus en plus fragmenté.

Les compagnies de câble ont toutefois prévenu que si on leur demande de payer, les abonnés verront leur facture augmenter.

M. Fecan souhaite que l'organisme de réglementation intervienne, au nom des consommateurs. Il a fait valoir que les tarifs du câble ont été réglementés aux États-Unis.

«Ils comptent sur vous pour faire passer leurs intérêts devant ceux de n'importe quelles compagnies ou groupes de pression, que ce soit un diffuseur [câble ou satellite] ou un syndicat. Si elles [les compagnies de câble et de satellite] insistent pour tenir leurs clients en otages, peut-être est-il temps de réglementer de nouveau les frais de base de câblodistribution», a plaidé M. Fecan.

Le vice-président de Rogers Communications, Phil Lind, avait soutenu en début de semaine que si les compagnies de câblodistribution se voyaient obligées de payer pour diffuser des réseaux de télévision généralistes, elles devraient avoir le droit de choisir si elles les offrent ou non à leurs clients.

Les télédiffuseurs canadiens désirent également que le CRTC réglemente la diffusion de réseaux américains qui sont distribués par les compagnies de câble au Canada, parce qu'ils sont en compétition directe avec eux.

C'est la troisième fois que M. Fecan demande l'aide du gouvernement et du CRTC. CTVglobemedia doit fermer ses stations de Brandon, au Manitoba, et de Windsor et Wingham, en Ontario. Si la situation ne s'améliore pas, d'autres fermetures pourraient survenir, a-t-il d'ailleurs annoncé. «Ce n'est pas une question d'avarice de la part d'un télédiffuseur privé, c'est la réalité. Nous ne faisons pas du "bluff"», a-t-il dit.

M. Fecan a précisé que la station de Windsor pourrait échapper à la fermeture si le CRTC propose un plan de financement de la programmation locale assez étoffé.

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