Protection des sources journalistiques - La FPJQ et six groupes de presse appuient la cause de Daniel Leblanc

Six entreprises de presse se sont regroupées autour de la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec) pour donner leur plein appui à la cause de Daniel Leblanc, ce journaliste du Globe and Mail menacé par les tribunaux de dévoiler ses sources journalistiques.

Astral Media, Gesca, L'Actualité (Rogers), Médias Transcontinental, Quebecor Media et Radio-Canada ont en effet accepté de travailler conjointement au sein d'un groupe de travail dirigé par la FPJQ, qui veut particulièrement revoir la réglementation qui encadre la protection des sources journalistiques.

Daniel Leblanc est le journaliste dont une source confidentielle a permis de mettre à jour les principaux éléments de ce qui est devenu le scandale des commandites, qui a mené à la commission Gomery.

Mais ce journaliste est maintenant pris dans une procédure judiciaire complexe depuis plusieurs mois dans laquelle on tente de connaître l'identité de cette source confidentielle.

Pour la FPJQ, la protection des sources est «une des pierres angulaires de la liberté de presse», et si les sources qui informent les journalistes n'ont pas la garantie que leur confidentialité sera respectée, c'est une sérieuse menace à la démocratie et au travail journalistique.

Avec ce groupe de travail, la FPJQ veut sensibiliser la police et l'appareil judiciaire à l'importance de protéger les sources journalistiques, mais «nous regardons avec une attention particulière la piste législative», explique François Bourque, président de la FPJQ. «Nous cherchons actuellement des moyens d'action, en examinant comment les sources journalistiques sont protégées par les lois ailleurs dans le monde.»

Le député bloquiste Serge Ménard avait présenté l'année dernière un projet de loi privé pour améliorer cette protection, projet qui est disparu du programme de la Chambre des communes. «Ce projet était un pas dans la bonne direction, ajoute François Bourque, mais notre démarche est apolitique: nous ne voulons pas nous coller sur un parti en particulier, mais plutôt trouver les meilleures façons de défendre la liberté journalistique.»

Même si la FPJQ n'avait pas encore de proposition concrète à faire hier en ce sens, le regroupement de tous ces groupes de presse concurrents autour du même objectif était, en soi,

un événement.

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