À voir à la télévision le dimanche 12 avril - Charlie au pays des merveilles

Quand Tim Burton a annoncé qu'il refaisait, en compagnie de son complice Johnny Depp, Charlie and the Chocolate Factory, les nostalgiques de la première adaptation de l'oeuvre de Roald Dahl ne se sont pas contentés de sourciller. «Scandale!», hurlait-on sur la blogosphère.

Cela étant, à l'heure du remake tous azimuts, si on doit revisiter l'univers du romancier anglais, autant avoir à la barre du projet quelqu'un qui en saisit l'essence, qui conjugue fantaisie, noirceur et satire. Le tandem Burton-Depp (Edward Scissorhands, Ed Wood, Sleepy Hollow) constituait le choix tout indiqué. Le résultat fut à l'avenant.

Comme c'est souvent le cas chez Dahl, le prota-goniste principal est un enfant «normal» évoluant dans un environnement «normal» confronté à une situation... qui l'est beaucoup moins. En l'occurrence, la visite de la mythique chocolaterie de Willy Wonka, être élusif et mystérieux. Notre petit héros ordinaire, Charlie Bucket de son nom, y fera un voyage digne de celui d'Alice. Et en tirera quelques leçons, à l'instar de ses compagnons d'aventure.

Un coup d'oeil à la filmographie du cinéaste permet de se rendre compte à quel point il aime les marginaux. Voilà sans doute pourquoi Charlie and the Chocolate Factory s'articule autant autour de l'énigmatique Willy Wonka, au point de lui fournir un passé inédit. Très bien intégrée à l'intrigue, cette genèse n'aurait probablement pas déplu à Dahl lui-même, dont la veuve supervise jalousement chacune des adaptations. Au final, cet homme-enfant sort lui aussi grandi de sa rencontre avec Charlie, avec quelques enseignements à la clé. Cette dimension, absente de l'oeuvre originale, rend la lecture de Burton d'autant plus attachante.

Extrêmement douée, la distribution ne déçoit pas. Dans le rôle du jeune Charlie, Freddie Highmore, qui avait impressionné Johnny Depp sur le tournage de Finding Neverland, attire une sympathie immédiate. En chocolatier à la fois candide et cruel, Depp, on s'y attendait, fait merveille. Visiblement ravi de donner vie à un autre personnage singulier, le comédien spécialiste du décalage s'amuse ferme, et nous avec lui. Cinéma / Charlie et la chocolaterie - TQS, 19h30

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