La Cour suprême entendra l'appel des chauffeurs de taxi contre André Arthur

Ottawa — La Cour suprême du Canada entendra l'appel des chauffeurs de taxi de Montréal qui poursuivent le député fédéral André Arthur. Ces chauffeurs lui reprochent des commentaires qu'il lançait en ondes à l'époque où il était animateur à la radio.

En 1998, M. Arthur travaillait à la station CKVL, propriété de Diffusion Métromédia CMR qui est aussi une des parties à cette cause.

Au cours d'une de ses émissions, il s'en est pris aux chauffeurs de taxi arabes et haïtiens de Montréal. Il les a traités d'incompétents, a laissé entendre qu'ils obtenaient leur permis grâce à la corruption et a couronné le tout en affirmant que leurs voitures sont sales et sentent mauvais.

Un chauffeur de taxi montréalais, Fares Bou Malhab, a intenté un recours contre M. Arthur, au nom de ses collègues qui ont pour langue maternelle l'arabe ou le créole.

Un premier juge a condamné M. Arthur à verser des dommages totalisant 220 000 $ à un organisme à but non lucratif. La Cour d'appel du Québec a renversé ce jugement, à deux juges contre un.

La Cour suprême a décidé, hier, d'entendre la cause et c'est son jugement à venir qui décidera du sort de cette affaire.

Joint par téléphone, M. Bou Malhab fait remarquer que l'affaire est devant les tribunaux depuis plus de dix ans. En entrevue, il dit avoir «espérance qu'on arrive à gagner, à faire valoir nos arguments, à prouver que les gens ont été affectés et diffamés».

Il dit que s'il a mis autant d'énergie et de temps dans cette affaire, c'est pour prouver que les propos de M. Arthur ne doivent pas être tolérés. «Quand on a un micro dans la main et qu'on est devant la télé ou devant la radio, il faut penser avant de passer ces messages parce que ça endommage la vie de beaucoup de monde», a-t-il insisté.

À voir en vidéo