La blogosphère suscite moins d'intérêt

Les années se suivent et les tendances s'essoufflent dans le monde virtuel. Après l'engouement des dernières années, les blogues mais aussi les sites de partage de photos et de vidéos perdent de leur popularité au Québec. Quant aux sites de réseautage, comme Facebook, et au principe des wikis — ces espaces informatifs construits par et pour les internautes —, ils maintiennent encore timidement leur cote d'amour. Pour le moment, indiquent les résultats de l'enquête NETendances 2008, dévoilés hier.

Orchestrée par le Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO), cette mesure des comportements sur Internet révèle qu'en 2008, 19 % des adultes québécois ont consulté un blogue, contre 26 % un an plus tôt. Ce désintérêt pour la blogosphère semble aussi frapper les créateurs de contenus dans ces environnements. Ainsi, 5,5 % des mêmes adultes ont alimenté l'an dernier un blogue, contre 8,3 % en 2007.

L'effet de nouveauté serait aussi chose du passé pour YouTube, ce site spécialisé dans la diffusion de vidéos personnelles et alimenté par 7,6 % des internautes du Québec l'an dernier, soit une chute de 3,4 points par rapport à l'année précédente. La baladodiffusion, le dépôt de photos en ligne ainsi que les fils RSS — pour la diffusion de mise à jour d'information en temps réel — «accusent également un recul», indique le CEFRIO.

Au chapitre de la croissance, ce sont les wikis, à l'origine de la célèbre encyclopédie en ligne Wikipédia, qui semblent le mieux réussir au Québec. En 2008, plus du quart des internautes ont fréquenté ces lieux, contre 19 % un an plus tôt. Les zones dédiées au réseautage et à la socialisation virtuelle (Facebook, Twitter, LinkedIn et consorts) sont, elles, désormais appréhendées au temps de la stagnation: 16 % des adeptes du Web y sont allés l'an dernier. C'est autant qu'en 2007.

Le portrait a étonné hier Stéphane Gauvin, professeur de marketing à l'Université Laval et spécialiste des communautés virtuelles. «Cela ne correspond pas vraiment à ce que l'on constate ailleurs dans le monde, a-t-il indiqué. La consommation de contenus issus du Web participatif est en très forte progression un peu partout sur la planète. Les jeunes y sont aussi très sensibles», laissant du coup présager que l'essoufflement révélé en 2008 risque de n'être que passager, selon lui.

Les données NETendances montrent également qu'avec 4,4 millions d'adeptes, l'usage d'Internet tend désormais à plafonner au Québec. Toutefois, l'accès au réseau se fait de plus en plus sans fil, principalement par l'entremise d'un ordinateur portable, précise l'enquête. Pour ce qui est de l'accès à la Toile par l'entremise d'un téléphone cellulaire, d'un assistant numérique ou encore d'un téléphone dit intelligent, il reste encore très marginal: 6,8 % des internautes y ont eu recours l'an dernier.

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