À voir à la télévision le jeudi 26 mars - All that jazz

De tous les réalisateurs français ayant eu le destin ingrat de suivre les géants de la Nouvelle Vague, Bertrand Tavernier demeure sans doute, avec André Téchiné, le plus constant. Qu'il adapte Simenon (L'Horloger de Saint-Paul), s'intéresse au cinéma français sous l'Occupation (Laissez-passer) ou se penche encore sur le sort de marginaux idéalistes (Capitaine Conan, Ça commence aujourd'hui), Tavernier intègre presque systématiquement à ses oeuvres un fort commentaire social. L-627 et L'Appât constituent sans doute les plus probants cas de figure.

Autour de minuit, un vibrant hommage au jazz et à une certaine image de l'Amérique, ne fait pas exception à ce parti pris. À travers la vie troublée de Dale Turner (le grand Dexter Gordon, dans une performance musicale et dramatique puissante), Tavernier pose un regard critique sur le traitement des Noirs de part et d'autre de l'Atlantique. Ce faisant, il rend hommage à un genre musical qui a eu une très grande influence sur le cinéma de ses prédécesseurs, à commencer par Louis Malle et son Ascenseur pour l'échafaud.

Campée dans les années 1950, l'action débute aux États-Unis avant de se transporter à Paris, où Dale, un brillant saxophoniste se mourant d'alcoolisme, fait la connaissance de Francis (François Cluzet), un jeune père parisien. Fasciné, Francis tentera de sauver, puis de comprendre, le musicien torturé.

Comme à son habitude, Tavernier propose une mise en scène solide traversée de quelques beaux plans, mais s'effaçant le plus souvent au profit du récit et des acteurs. OEuvre belle et forte, portée par une musique aussi présente que mémorable, Autour de minuit attirera dans

son sillage nostalgique même les plus rébarbatifs au jazz.

Cinéma / Autour de minuit - Artv, 22h30

À voir en vidéo