À voir à la télévision le mercredi 25 mars - Génie au travail

Un film unique dans l'histoire du cinéma, qui tente de comprendre le processus de création d'un des plus grands peintres du XXe siècle. Henri-Georges Clouzot, le réalisateur du Corbeau, des Diaboliques, du Salaire de la peur, connaissait Pablo Picasso depuis au moins 20 ans quand ce film a été réalisé.

Le déclic s'est produit quand Picasso a reçu des États-Unis de nouveaux feutres qui permettaient à l'encre de traverser le papier sans baver, laissant voir au dos ce qu'il était en train de dessiner. Le réalisateur eut alors l'idée de placer sa caméra directement derrière la toile de l'artiste.

Clouzot a filmé Picasso de juillet à septembre 1955 dans un studio de Nice. Le résultat est stupéfiant et ne ressemble à rien de ce à quoi on pourrait s'attendre. Clouzot refuse de faire un portrait classique du peintre ou un documentaire. Il ne propose aucune entrevue, ne verse pas dans la «variété». Ce qui l'intéresse, c'est d'approcher le coeur de l'acte créatif.

Placé derrière la toile, il filme donc d'abord le geste de Picasso. Puis le peintre passe à la couleur, à l'huile. Dans les scènes où l'on voit Picasso dessiner, le film est en noir et blanc, mais lorsqu'il ajoute de la couleur à ses oeuvres, le film adopte lui aussi la couleur. Lorsque Picasso décide de passer à une toile plus large, Clouzot filme en CinémaScope. Bref, le réalisateur explore plusieurs techniques cinématographiques, filmant tantôt de façon chronologique, tantôt en montrant le tracé à rebours.

Dans une scène célèbre, Picasso tente de relever le défi de faire une oeuvre en cinq minutes. Clouzot martèle le temps qu'il reste, alors qu'on voit le peintre transformer ce qui était d'abord un poisson en un coq, la main hésitant à peine quelques secondes dans les airs. Un film sans concessions qui demeure irremplaçable.

Le Mystère Picasso - Artv, 21h

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