À voir à la télévision le mercredi 4 mars - Ma génération, ta génération

Difficile d'associer humour et légèreté à l'univers de la romancière Virginie Despentes, auteure de Baise-moi, explicite descente aux enfers qu'elle a elle-même portée à l'écran. Racoleuse et sulfureuse pour certains, radicale et pertinente pour d'autres, la démarche de l'auteure n'a laissé personne indifférent. Teen Spirit, son cinquième roman, adopte un ton... différent.

De la prémisse connue du viveur qui se découvre père, Despentes a tiré une intrigue, c'est la formule employée par le réalisateur Olivier de Plas, «empreinte d'espoir». Il en a tiré un film, son premier: Tel père, telle fille.

J'avoue que les 15 premières minutes m'ont vu hésiter entre la retraite stratégique et la persévérance. La seconde attitude l'a emporté, mais de peu.

Dès les premières images commentées, le vieux fond chauviniste fleure à la surface: encore un récit de bellâtre parasitaire tourmenté quand ça arrange son narcissisme, et je te «salope» par-ci, et «t'es qu'une pute» par-là. Et madame en redemande parce que... je ne sais trop.

C'est charmant? Heureusement, le ton change et, surtout, l'intrigue fournit au principal protagoniste, un musicien paumé squattant à gauche et à droite, un riche entourage de personnages féminins: la vieille copine dont on sait qu'ils finiront ensemble (Élodie Bouchez, complètement crédible), l'amante du moment en plein questionnement existentiel (ah! Frédérique Bel!) et l'ex-petite amie (Léa Drucker, tour à tour savoureuse et touchante), mère de cette adolescente de plus en plus en crise (Daisy Broom, convaincante). Dans le rôle du papa qui met un moment à réévaluer ses priorités, Vincent Elbaz emporte rapidement l'adhésion, même si son personnage semble initialement sortir d'une armoire à clichés.

Ce qui m'a aussi séduit, c'est l'équilibre de ton que maintient le réalisateur alors qu'il chemine sur le terrain miné de la comédie dramatique. Jamais il ne cède aux gags faciles. L'humour surgit plutôt au détour d'une situation, tout naturellement, sans s'annoncer et, surtout, sans insister. À voir pour cela, mais aussi pour la peinture de milieu et les acteurs qui la rendent crédible.

Cinéma / Tel père, telle fille - TV5, 20h

À voir en vidéo