À voir à la télévision le mardi 3 mars - Il s'appelle monsieur Émile

Avec l'arrivée en librairie de Renard Bleu, dernier livre en date du très estimé romancier Yves Beauchemin, Artv joue de timing dans sa rediffusion du film Le Matou, adaptation du célèbre roman qui fit initialement de l'auteur, à juste titre, une star de la littérature. L'occasion faisant le larron, replongeons donc dans ce film chaleureux de Jean Beaudin (J. A. Martin, photographe, Mario, Les Filles de Caleb) qui nous fit connaître un jeune comédien prometteur, un certain Guillaume Lemay-Thivierge. Nostalgie.

C'était en 1985. L'adaptation du roman au succès planétaire faisait grand bruit. Reprenant la formule de Bonheur d'occasion, d'après un autre roman mythique, les producteurs avaient opté pour un double format qui conjuguerait télé et cinéma. Ainsi, deux montages avaient été prévus, l'un prenant la forme d'une minisérie, l'autre, celle d'un long métrage de cinéma s'en tenant à une durée plus standard.

Deux points semblèrent faire consensus. Primo, Beaudin avait su mener avec doigté ce projet «sous pression», proposant une mise en scène intelligente et dirigeant avec son flair coutumier d'excellents comédiens (Serge Dupire et Monique Spaziani, quel beau couple). Secundo, ce petit nouveau, ce jeune Guillaume Lemay-Thivierge, crevait littéralement l'écran tant il semblait être Émile. Cela étant, et vu la densité du roman à l'origine du film, le premier format, fleuve, semblait l'emporter sur le second, trop court et contraint de laisser trop d'informations de côté. De fait, la durée profite au récit épisodique, une chronique à laquelle il convient de laisser le temps de s'épanouir. Encore là, la minisérie damait forcément le pion au film, pourtant l'oeuvre des mêmes artisans aimants et respectueux.

Ce qui est paradoxal, c'est qu'on semble avoir un peu oublié cette incarnation télévisuelle du Matou. Si la minisérie a joui, à l'époque, d'une sortie en VHS, seul le montage cinéma s'est frayé un chemin en DVD et, ces dernières années, à la télé. C'est dommage car, selon moi, le savoir-faire déployé par Jean Beaudin est beaucoup mieux mis en évidence dans la minisérie. Avis aux ayants droit.

Cinéma / Le Matou - Artv, 21h

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