Compressions budgétaires - Radio-Canada envisage de vendre ses actifs

Photo: Pascal Ratthé

Ventes d'actifs, augmentation de la publicité en ondes, réduction de services: Radio-Canada continue de chercher par tous les moyens à combler les trous dans son budget.

Radio-Canada implore le gouvernement de lui accorder une «certaine souplesse financière», sinon des solutions radicales devront être envisagées pour boucler le budget l'année prochaine.

Parmi ces solutions, Radio-Canada évoque l'ajout d'émissions américaines à l'écran, le démantèlement ou la vente de certains services, l'augmentation de la publicité sur les ondes et le regroupement de stations locales. La vente de la station Radio 3 de CBC est particulièrement mentionnée.

Dans un discours prononcé hier à Toronto devant l'Empire Club du Canada, le p.-d.g. de Radio-Canada, Hubert Lacroix, a donné plus de précisions sur la situation difficile de l'institution publique.

Radio-Canada n'a pas l'intention de demander des fonds supplémentaires au gouvernement, qui, de toute façon, ne semble pas disposé à lui en accorder.

Comme société d'État, Radio-Canada n'a pas accès au marché des capitaux ou à celui des emprunts, explique M. Lacroix. Celui-ci a donc proposé au gouvernement de l'autoriser à avoir une marge de crédit, remboursable selon un échéancier. Autre possibilité: verser les crédits parlementaires à l'avance, afin qu'elle puisse emprunter à partir de ces crédits dans les années à venir.

Radio-Canada propose également la vente d'actifs pour accroître ses liquidités. «Toutes ces options ne coûteraient pas plus cher au gouvernement que ce qu'il nous verse normalement», dit-il.

Comme l'indiquait Le Devoir cette semaine, Hubert Lacroix a envoyé au personnel de Radio-Canada une note interne lundi, révélant que l'entreprise fait actuellement face à un manque à gagner de 55 à 65 millions au chapitre des revenus publicitaires. La prochaine année financière, qui commence le 1er avril, s'annonce encore plus difficile.

Dans son discours d'hier, Hubert Lacroix a ajouté de nouveaux éléments. Les revenus autres que publicitaires, qui s'élèvent à environ 250 millions par année, «pourraient également subir des pressions», dit-il.

De plus, Radio-Canada fait face à «des pressions de l'ordre de 15 à 25 millions» lorsqu'on additionne «la réduction du financement gouvernemental, la modification de la réglementation, l'écart entre le financement des salaires du Conseil du trésor et les augmentations de salaires réelles, ainsi que le vieillissement de l'infrastructure».

Hubert Lacroix rappelle que Radio-Canada ne coûte que 34 $ par année à chaque Canadien. France Télévision coûte plus du double à chaque citoyen français et la BBC coûte quatre fois plus à chaque citoyen britannique.

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