Compressions budgétaires - Une année extrêmement difficile pour Radio-Canada

L’annonce de la fin du Match des étoiles, l’émission de variétés la plus coûteuse du réseau, est directement liée au manque à gagner de Radio-Canada. L’animateur Normand Brathwaite a déclaré dimanche soir en entrevue à Tout le monde en p
Photo: L’annonce de la fin du Match des étoiles, l’émission de variétés la plus coûteuse du réseau, est directement liée au manque à gagner de Radio-Canada. L’animateur Normand Brathwaite a déclaré dimanche soir en entrevue à Tout le monde en p

Réduction de personnel, de services ou de programmes: tout est sur la table à Radio-Canada, alors que la direction prépare un budget marqué par de difficiles compressions budgétaires.

Radio-Canada se prépare à vivre des heures difficiles: la société d'État fait actuellement face à un manque à gagner de 55 à 65 millions dans ses revenus publicitaires, et la prochaine année sera pire.

Dans une note interne envoyée lundi aux différents secteurs de la société, le président de Radio-Canada, Hubert Lacroix, prévient tout le monde que «la situation est pire que ce qu'on aurait pu prévoir et [qu']on ne s'attend pas à ce qu'elle s'améliore bientôt».

Pour l'année 2008-09, qui se termine le 31 mars prochain, le manque à gagner de Radio-Canada/CBC sera de l'ordre de 55 à 65 millions pour les seuls revenus publicitaires, soit une diminution de 17 % par rapport à l'objectif prévu au budget, de 7 % par rapport au dernier exercice financier.

Pas question de finir l'année sur un déficit. Pas question non plus de demander de l'argent supplémentaire au gouvernement. Pour terminer l'année financière en équilibre budgétaire, donc, Radio-Canada a adopté un certain nombre de mesures, dont un gel des dépenses, un gel des embauches et le report de certains projets.

Hubert Lacroix ajoute dans sa note que «nous avons épuisé toutes nos réserves et tout le surplus que nous avons reporté de l'exercice précédent».

Mais la situation s'aggrave pour l'année 2009-10, qui commence le 1er avril. Les difficultés économiques générales entraînent une chute des revenus publicitaires. Cette chute, «combinée aux coûts croissants de production, constitue un test menaçant qui nous obligera à faire des choix difficiles», écrit Hubert Lacroix.

Selon Marco Dubé, porte-parole de la haute direction de Radio-Canada à Ottawa, «il faut trouver une façon de continuer à remplir notre mandat de service public. Les choix sont douloureux: nous étudions des réductions de services, des réductions dans les programmes ou des réductions de personnel».

Il était impossible hier de chiffrer avec exactitude l'ampleur du manque à gagner pour 2009-10. Il n'a pas été possible non plus de déterminer clairement le manque à gagner de la télévision par rapport à la radio, ou celui de CBC par rapport aux services français.

L'annonce de la fin du Match des étoiles, l'émission de variétés la plus coûteuse du réseau, est directement liée à cette situation. L'animateur Normand Brathwaite a déclaré dimanche soir en entrevue à Tout le monde en parle que Radio-Canada faisait face à des compressions budgétaires de 18 millions, sans qu'on sache s'il s'agit ici de l'ensemble des services français, de la télévision ou du seul domaine des variétés-dramatiques. La direction de Radio-Canada ne voulait pas hier commenter ce chiffre. «Les 18 millions, c'est une hypothèse parmi d'autres», de dire Marco Dubé.

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