Un mois de lock-out au Journal de Montréal - Les deux parties ne négocient pas

Pour souligner le premier mois de leur lock-out, une cinquantaine d’employés du Journal de Montréal manifestaient hier soir devant le Cinéma Impérial, dans le centre-ville de Montréal, où se tenait la première du film de Robert Ménard Le Bonheu
Photo: Jacques Grenier Pour souligner le premier mois de leur lock-out, une cinquantaine d’employés du Journal de Montréal manifestaient hier soir devant le Cinéma Impérial, dans le centre-ville de Montréal, où se tenait la première du film de Robert Ménard Le Bonheu

Le lock-out a été déclaré il y a un mois au Journal de Montréal. Les deux parties mènent la bataille de l'opinion publique, mais les négociations sont au point mort.

Le Journal de Montréal est en lock-out depuis un mois aujourd'hui, et rien n'indique que le conflit pourrait se régler rapidement.

«Le seul contact possible serait par le conciliateur, mais aucune rencontre n'est prévue, explique Raynald Leblanc, président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal. Nous estimons que c'est à la direction [de l'entreprise] de nous faire signe.»

Du côté de la direction, la vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor, Isabelle Dessureault, confirme que, «officiellement, il n'y a pas de discussion».

La direction continue de publier Le Journal de Montréal avec une quinzaine de journalistes cadres et plusieurs collaborateurs extérieurs. Pour remplir ses pages, le journal reprend des textes du Journal de Québec, de Sun Media (les journaux anglophones propriétés de Quebecor) et des textes de l'agence QMI.

L'échange de textes entre Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec n'est pas nouveau: cette procédure était prévue depuis longtemps dans les ententes liant les deux journaux, et entérinées par les employés. Mais, dans le contexte actuel, elle prend une nouvelle importance. Le cahier culturel du samedi du Journal de Montréal, particulièrement, reprend un nombre remarquablement élevé de textes du Journal de Québec.

Quant à l'agence QMI, elle propose des textes des autres médias de Quebecor, particulièrement des hebdos et du journal gratuit 24h, «pour autant que les textes sont publiés sur les sites Internet du groupe», précise Isabelle Dessureault.

Du côté des syndiqués, le site Internet «ruefrontenac.com», lancé quelques jours après le lock-out, permet aux journalistes de ne pas perdre la main, et propose une véritable édition alternative quotidienne du journal.

Le site reçoit environ 15 000 visiteurs uniques par jour, pour environ 30 000 pages lues.

Lancé la semaine dernière, un service gratuit de petites annonces semble remporter un bon succès sur ce site: on y trouvait hier plus de 230 annonces.

Le site est également l'occasion pour les syndiqués de critiquer abondamment le contenu de l'actuel Journal de Montréal, truffé d'erreurs selon eux.

Le conflit a donné lieu pendant ce premier mois à une véritable guerre de relations publiques. À la suite du lancement de ruefrontenac.com, la direction de Quebecor a lancé son propre site Internet, «lheurejuste.ca», pour répliquer aux commentaires du syndicat. Le syndicat a par la suite ajouté sur ruefrontenac.com une section, «journaldujournal», qui propose d'autres arguments aux commentaires de la direction.

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